Bailey est un chien qui se réincarne à plusieurs reprises. À travers ses différentes vies, il aura le même objectif : retrouver son maître initial.
Délectons-nous avec une jubilation exquise des délices cinématographiques que nous offre Mes vies de chien, une œuvre d'une sensibilité exquise et d'une candeur désarmante, qui, sous la direction experte d'un cinéaste ayant déjà magnifié avec une maestria lacrymale les tribulations d'un fidèle quadrupède dans le poignant Hatchi, se révèle une ode vibrante à la pérennité de l'âme canine.
L'artifice narratif de la voix off canine, loin de toute trivialité anthropomorphique, se transmue en un vecteur d'une profondeur insoupçonnée. Tantôt digressant avec une sagacité philosophique sur les arcanes insondables de l'existence, tantôt s'abandonnant à des considérations scatologiques d'une cocasserie irrésistible, à l'instar de cette impérieuse démangeaison de son auguste séant, cette instance vocale confère au récit une perspective à la fois lucide et naïve, touchant avec une justesse infinie les cordes sensibles de notre humanité.
Certes, il faut l'admettre avec une limpidité cristalline, ce film s'adresse avant tout à une audience privilégiée, celle des thuriféraires inconditionnels de nos compagnons à quatre pattes, ceux dont le cœur palpite à l'unisson du joyeux aboiement et dont l'âme s'attendrit à la vue d'une truffe humide et affectueuse. Pour eux, cette odyssée canine à travers les méandres du temps et des réincarnations successives constituera un baume réconfortant sur les cicatrices laissées par la perte d'un être cher.
Car c'est là, indubitablement, l'un des attraits majeurs de cette production : elle explicite avec une délicatesse infinie l'espoir réconfortant, la croyance tenace en une possible métempsycose animale, offrant ainsi une perspective consolatrice à tous ceux qui ont douloureusement vécu le trépas d'un fidèle ami. L'idée que l'essence de leur compagnon bien-aimé puisse se perpétuer, renaître sous une autre forme pour continuer à savourer les joies simples de l'existence, se révèle un viatique précieux pour apaiser la douleur lancinante du deuil.
Dépourvu de toute velléité subversive ou de toute complexité psychologique ardue, le métrage se déploie avec une innocence diaphane, une sincérité immaculée qui n'est point synonyme de niaiserie, mais plutôt d'une pureté émotionnelle touchant au sublime. Cette œuvre se révèle ainsi une expérience inoffensive et profondément réjouissante, une célébration émouvante du lien indéfectible qui unit l'homme à son meilleur ami, un hymne vibrant à la résilience de l'âme et à la persistance inextinguible de l'amour au-delà du voile de la mort.