Sur le papier, Messe noire a tout de la série B météore : premier film d'Eric Weston très vite replongé dans l'anonymat, protagoniste geeko-satanique campé par le frère de Ron Howard (!), jaquette promettant une marée de gore, et présent dans la liste des 100 meilleurs films Mad Movies.
Malheureusement, les espoirs retombent très vite parce que, plutôt que de dépasser la production horrifique des 80's, Messe noire se limite à ses poncifs. L'intrigue reprend celle de Carrie (bizutage = horreur cathartique) en la masculinisant et en la plaçant dans le cadre d'une école militaire, idée assez originale quoique reprise avec beaucoup plus de succès dans Chucky 3 dix ans plus tard. Messe noire ne tarde donc pas à ronronner tranquillement dans sa longue première partie et le spectateur, à défaut d'être surpris, attend en somnolant la messe promise dans le titre et sans cesse retardée.
Cependant, le film d'Eric Weston ne promet pas du gore en l'air ! Et une fois que le sang gicle, Messe noire est assez généreux ! En effet, le film est tout de même plutôt gratiné et jubilatoire grâce à quelques gags bien sentis (une tête tranchée est par exemple raccordée avec un ballon de foot s'envolant dans les airs). Le film est doté d'effets spéciaux rudimentaires, mais cela ne gêne ni Eric Weston (qui ne prend aucune peine pour les dissimuler) ni finalement le spectateur, ayant attendu trop longtemps ce final expiatoire pour faire la fine bouche. Et malgré une musique s'entêtant à vouloir passer pour des chœurs satanistes convaincants, le final vaut quand même le coup d'être attendu au long de ce Messe noire très classique mais sympa.