Messe noire constitue le versant masculin de Carrie au bal du diable : soit un adolescent humilié qui trouvera dans la force occulte sa terrible vengeance. Disons-le d’emblée, certaines scènes tombent dans le ridicule sans qu’un second degré n’intervienne – la scène de la douche où un sportif revêt un slip-string déconcertant, la transition tête-ballon – et entachent la noirceur du récit. D’autant que la relecture technologique de Satan n’est guère pertinente, fait surtout gadget employé pour se démarquer. Il n’empêche que l’ambiance prend peu à peu et diffuse un mal-être croissant et constant, aidée par la composition musicale qui rappelle The Omen de Jerry Goldsmith. Les scènes d’horreur réservent leur lot de surprises délectables et gores, la prestation du protagoniste principal dissone constamment, s’inscrit dans un décalage tonal – on a vraiment l’impression que l’acteur ne sait pas jouer, ou tente tant bien que mal – qui accroît le malaise ressenti. Celui que nous avons sous les yeux n’est pas plus humain que les prophéties diaboliques ou que l’ordinateur intercesseur. Messe noire est en somme une curiosité efficace et bien troussée qui pâtit de nombreux défauts mais qui propose une immersion angoissante dans les entrailles du satanisme. C’est déjà beaucoup.