Coincé quelque part entre deux décennies dans les méandres d’un développement chaotique et d’une bataille juridique entre distributeurs, Metamorphosis The Alien Factor échoue subitement en 1993 dans les bacs à soldes au côté d’une myriade d’autres titres ne trouvant jamais preneurs. Souffrant d’une campagne marketing relativement anecdotique, le film de Glenn Takakjian possédait pourtant quelques arguments de poids : une créature protéiforme, des mises à morts excessivement gores, ainsi qu’une intrigue lorgnant du côté d’Alien le Huitième Passager et The Thing.


À l’origine pensé comme une suite officieuse à The Deadly Spawn, Metamorphosis : The Alien Factor est unanimement considéré à tort ou à raison comme un nanar intergalactique. Après avoir œuvré comme assistant dans l’équipe des effets spéciaux du film de Douglas McKeown, Glenn Takakjian eu l’occasion de passer derrière la caméra. Contrairement à son prédécesseur, cette séquelle fait déjà moins étalage de sa dimension lubrique, brisant toute l’ambiguïté rhétorique et admirable de sa créature phallique.


Metamorphosis : The Alien Factor possède les franches réussites mais aussi les tares d’autres productions conceptualisées autour de ses créatures et effets spéciaux. L’intrigue est bâtie autour des expérimentations génétiques sur des espèces amphibiennes avec de l’ADN extraterrestre. Cet argument de série B sera le point de départ d’un chaos savamment orchestré mêlant premier et second degrés dans un mélange souvent hétérogène.


Ambitieux dans ses effets pratiques et séquences en stop-motion, Metamorphosis : The Alien Factor l’est cependant moins dans sa mise en scène fastidieuse et son rythme en dent de scie. Tourné dans quelques portions de décors filmé sous tous les angles, le film ne propose qu’une faible variété d’environnements low-tech appartenant aux représentations syfy de la précédente décennie : un laboratoire, un bureau, une salle de contrôle et un couloir que les membres du personnel et le monstre parcours en long et en large sans jamais se croiser. À l’instar de ses personnages unidimensionnels, le spectateur s’égare alors rapidement dans les méandres d’une série de flash-back poussifs, et des ramifications corporatistes superficielles et vaines.


L’intérêt de Metamorphosis : The Alien Factor se niche dans le calvaire enduré par un cobaye d’expérience (le personnage se verse de l’acide sulfurique sur sa main complètement mutilé), ainsi que sa transmutation douloureuse et abominable en énorme chibrax aux pattes d’ephs et aux dents affûtés comme des lames de rasoir. La créature protéiforme grandit alors progressivement à mesure de sa mue, projetant des tentacules et spores carnassiers sur ses victimes pour se reproduire et croître significativement. Tout le monde panique, y compris l’ordinateur de bord, et rien ne semble s’opposer à la volonté vorace de cet alien belliqueux.


Ces scènes de transformations, créatures extravagantes (sa grenouille carnassière), et plaies sanguinolentes (les têtes sont arrachés, les membres et corps déchiquetés) confectionnés par Ron Cole, Jason Alvino et toute l’équipe des effets pratiques extirpent le public de sa torpeur à défaut de pouvoir offrir le semblant de suspense adéquate. Glenn Takakjian tire ainsi parti du moindre centime qu’il injecte comme autant de sondes et de seringues dans ses monstres finissant par atomiser l’intégralité du décorum au terme d’un ultime cliffhanger hommage à ses maîtres de prédilection. Ray Harryhausen, Willis O’ Brien, et Rob Bottin ne sont pas loin.


T’aimes l’odeur du blaster fumé au petit déjeuner ? Tu rêves de pouvoir voyager à travers d’autres dimensions afin de quitter ce monde de cons ? Rends-toi sur L’Écran Barge où tu trouveras toute une liste de critiques dédiées à l’univers de la science-fiction, garanties sans couenne de porc.

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le 20 mai 2025

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