Alors que le cinéma catastrophe des années 70 commence à battre de l’aile, Roland Neame – déjà responsable de L’Aventure du Poséidon – réalise Meteor. Le film sera un échec cuisant, mais bénéficie aujourd’hui du statut de petite œuvre culte, notamment grâce à son excellente bande-son de Laurence Rosenthal (Le Choc des Titans), et à un propos qui sera repris dans de nombreuses productions par la suite, à commencer par Armageddon.

Sean Connery (James Bond) y interprète Paul Bradley, un ancien scientifique de la NASA, rappelé par ses employeurs pour superviser la destruction d’un météore qui menace de détruire notre planète. En effet, Bradley fût à l’origine du projet Hercule, une plate-forme orbitale de têtes nucléaires conçue pour gérer ce type de menace, mais positionnée en réalité au-dessus de l’URSS.
Seulement, les missiles d’Hercule ne suffiront pas à détruire le météore, et le gouvernement américain doit se résoudre à demander le soutien de leurs ennemis soviétiques.

Fait étonnant pour un film produit en pleine Guerre Froide, Meteor prône la coopération entre les peuples, afin de lutter contre une menace de plus grande importance ; tout aussi étonnant, le tournage s’est effectué en Anglais et en Russe, le personnage de Natalie Wood (La Prisonnière du Désert) servant de traductrice entre Sean Connery et son homologue Brian Keith (The Yakuza) ; le tout malgré la défiance des politiques et des militaires, qui devront s’incliner devant le pouvoir de la science.

Meteor joue sur plusieurs tableaux. Une fois l’enjeu identifié – la destruction du météorite – il commence comme un jeu de stratégie politique, dont le but est de s’allier avec les Soviétiques sans reconnaitre que le projet Hercule était destiné à attaquer l’URSS en cas de besoin. S’en suit un mélange entre des scènes de destruction, et la lutte de l’équipe internationale de scientifiques pour arrêter l’exterminateur qui les menace. Nous retrouvons notamment dans la partie catastrophe une destruction de Hong-Kong, signe de la présence du célèbre producteur local Run Run Shaw (Blade Runner).

En pleine Guerre Froide, Meteor est clairement un film à contre-courant ; à moins que ce ne soit les années reaganiennes qui suivront, qui referont du Rouge, Soviétiques ou Vietcong, une figure du Mal. Ici, la Guerre Froide est une réalité à surmonter si l’humanité souhaite survivre, et la raison même du départ de Bradley de la NASA vient de la perversion d’une de ses créations à des fins militaires.
L’histoire est vécue à la fois d’un point de vue globale, et par le trio formé par les trois scientifiques, entre amitié et amour. Le déroulement lui-même n’a rien d’extraordinaire, mais demeure efficace.

Aujourd’hui, ce film souffre essentiellement de ses effets spéciaux. L’époque nous avait déjà offert mieux, ici le budget ne semble pas à la hauteur d’ambitions qui auraient dû être revues à la baisse. Le film catastrophe se doit d’être spectaculaire, l’équipe a donc préféré ne pas sacrifier cet aspect spectaculaire quitte à produire quelques scènes visuellement fauchées. A moins que le cachet de Sean Connery et de Henry Fonda (12 Hommes en Colère) n’ait affecté le budget initial ?
Toujours est-il que malgré ses quelques défauts, ce pré Michael Bay reste un divertissement efficace, servi par un doublage français des plus réussis ; certaines piques de Sean Connery sont particulièrement savoureuses dans la langue de Molière, et nous noterons que les dialogues en russe ont été conservés en l’état.

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le 11 avr. 2013

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Ninesisters

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