Mika (Paul Kircher), Daniel (Idir Azougli) et Tony (Salif Cissé) sont trois amis. L’un a réussi, les deux autres tâtonnent encore dans les décombres d’une jeunesse qui s’est heurtée trop tôt au réel.
Entre alcool et fumette qui s’invitent dans la nuit afin de repousser le poids de cette vie. Faire taire tous ces bruits intérieurs quand le jour leur rappelle qu’il faut apprendre à survivre.
Mika et Daniel rêvent d’un ailleurs, loin du ciel vaste et pâle de la Haute-Marne, pendant que Tony, jeune entrepreneur, semble avoir réussi au milieu de cette grisaille, dans une forme de profonde culpabilité, parmi tous ces déchets qu’il croit pouvoir enfouir, des souvenirs de la Terre pour des milliers d'années.
Rien n’est simple dans cette centrale nucléaire, entre Tony, une force réelle, qui offre du boulot à Mika et Daniel. Ensemble, dans ce lieu fragile qui leur ressemble, tout devient étrange. Trois personnages complexes, traversés d’un doute constant. Tony, pour qui l’on devine tous ces renoncements, une part de lui-même qu’il a dû sacrifier pour s’en sortir. Et pour Mika et Daniel, perdus dans ce labyrinthe au paysage lunaire, c’est la peur de disparaître qui les envahit lorsqu’ils marchent sur un fil, cherchant désespérément une porte de sortie.
Entre loyauté et fatigue, fierté et dépendance, Météors de Hubert Charuel et Claude Le Pape s’ouvre sur cette tension, celle d’une jeunesse qui déraille, qui ne se comprend pas toujours, mais dont la présence suffit pour ne pas s’effondrer, dans une région sans promesse d’avenir, qu’on a du mal à quitter.
Trois amis qui ressemblent à cela, dans une forme d’obscurité sociale et économique, avec des liens presque instinctifs, d’une tendresse rugueuse entre ces trois bons acteurs. Mais aussi l’idée d’un chemin, d’une trajectoire, suivie d’une lumière entre eux qui traverse l’atmosphère au-dessus d’un territoire silencieux, où l’amitié demeure une force invisible qui parfois vacille, mais ne rompt jamais. Une gravité souterraine qui les retient de chuter et leur permet malgré tout de tenir, même à des années-lumière, malgré la distance qui les sépare.