Quel contraste avec Petit paysan ! Avec Météors, Hubert Charuel voulait parler d’un ami à lui dans une mauvaise passe, de ses liens, de sa ville et de ses habitants. Son nouveau film, réalisé avec la collaboration de Claude Le Pape, se déroule dans une périphérie urbaine et un environnement marqué par la grisaille, avec une météo pourrie, la plupart du temps. Avec cela, les trois jeunes personnages principaux vivent dans une certaine précarité, se retrouvent souvent alcoolisés et dans des situations invraisemblables. Des rêves ? Quelques-uns, oui, mais irréalisables. La mise en scène saccadée en ajoute encore dans ces perspectives bouchées et ce manque d’espérance. Le plus étonnant, et c’est sans doute volontaire, est l’absence de toute présence féminine ainsi que familiale. Nous sommes donc prisonniers de l’univers étriqué de ces jeunes gens, dont la seule alternative de travail est le fast-food du coin ou la participation à l’enfouissement de déchets radioactifs. Pas très gai, tout cela, et l’alchimie entre les acteurs, de même que l’embryon de suspense, sur la fin, ne suffisent pas pour y trouver son compte.