Un Meurtre Parfait, c’est ce genre de thriller fin 90s qui pourrait passer inaperçu… et pourtant, il mérite largement qu’on s’y attarde. Oui, c’est un remake (très libre) d’Hitchcock, mais un remake qui ne cherche pas à singer l’original. Il le déconstruit, il le modernise, et surtout, il le rend plus fluide, plus viscéral, sans pour autant tomber dans le tape-à-l’œil.
La réalisation d’Andrew Davis est d’une grande clarté : pas de fioritures, juste une mise en scène qui sert le suspense et la tension psychologique. On sent l’expérience du mec derrière Le Fugitif. Le film s’installe vite, sans détour, et déroule une intrigue classique mais diablement efficace.
Michael Douglas, c’est le casting parfait : il dégage une froideur calculée, une vraie saloperie avec un costume bien repassé. Gwyneth Paltrow, elle, apporte de la nuance à un rôle qui aurait pu être cliché. Et Viggo Mortensen, en amant mystérieux et artiste borderline, crève littéralement l’écran. Chacun joue avec les zones grises de son personnage.
Alors oui, on peut reprocher quelques facilités (une scène dans le train qui défie un peu la logique), mais l'ensemble tient debout. Le film explore la manipulation, la jalousie et le crime prémédité avec une élégance rarement vue dans les thrillers commerciaux de l’époque.
En prime, on s’amuse à retrouver les échos de la version d’Hitchcock, mais sans jamais se sentir prisonnier de la comparaison. Parce que Davis assume sa propre vision.
Bref, Un Meurtre Parfait n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un excellent polar, tendu, bien joué, et extrêmement bien rythmé. Le genre de film qu’on recommande sans hésiter.