5
7 critiques
Hee-hee !
Je me souviens d'un album posé là, entre un disque de The Police et un autre de Bob Marley. Thriller, de Michael Jackson, au milieu de deux mondes déjà immenses, sans oublier Off the Wall, réalisé en...
le 28 avr. 2026
Un biopic musical qui tombe dans pas mal de pièges inhérents au genre, dont le plus gros problème reste le rythme dans sa composition narrative, on se doutait bien que le film allait être scolaire mais je ne m’attendais pas à ce qu’il s’engouffre dans un exercice de style aussi trivial que la reproduction de moments de concert, sans inserts ou tenter de raconter quelque chose par la mise en scène. On se rappelle de la fin de Bohemian Rapsody qui refaisait quasi à l’identique le live de Wembley, mais ça restait une séquence pré-générique, dans Michael on s’en mange trois en l’espace de 20 interminables minutes avant de se conclure, c’est ridiculement explicite quant au fait que le film évapore tout propos.
Déjà, la succes story de Michael Jackson n’a rien d’anodine et appartient à l’histoire musicale et sociétale des États-Unis, jusqu’à contaminer le Monde, et le film ne fait qu’en partie le boulot pour retranscrire cette effervescence, se contentant de regards en contrechamp d’un public assistant au miracle, et cochant les cases de toutes les étapes de l’ascension de la megastar d’une manière bien sage. Je regrette aussi l'effacement relatif des frères ou de Quincy Jones, sans doute due à des choix de montage pour que le film ne dépasse pas les deux heures, sans parler de l'utilisation assez sommaire des titres phares, qui hormis le rarement cité mais excellent I Can't Help It de l'album Off the Wall, balance son jukebox dans l'unique but de galvaniser le spectateur (à deux doigts de coller un karaoké à la Rocky Horror Picture Show). Le rôle du père manipulateur est par contre plutôt bien relaté et interprété par Colman Domingo, se refusant de laisser filer la poule au œufs d’or, jusqu’à reformer cyniquement les Jacksons pour une ultime tournée, cette ombre menaçante fonctionne à l’instar de celle du Colonel dans Elvis, la scène de la ceinture est même d'une rare violence, du moins inattendue.
Et à vrai dire Michael n’est pas désagréable à suivre, Jaafar Jackson s’en tire d’ailleurs plutôt bien (je soupçonne un coup de pouce de l'IA pour le visage et la voix de temps en temps), mais les ressorts du scénario comme son traitement font un peu trop téléfilm, je dirais que ça manque simplement de cinéma, d’inventivité, de point de vue, on sent vraiment que ceux derrière tout ça ne cherchaient qu’à brosser le fan dans le sens du poil, ni plus ni moins, mais l’expert comme le profane ayant un minimum d’exigence ne pourra se contenter d’une telle copie. En gros on nous donne trop ce que l’on a envie de voir, à piocher dans notre mémoire pour juger si le décalque vaut les millions de dollars investis dans ce biopic, si le mec danse et bouge comme il faut, si la reproduction du clip de Thriller ressemble à celui de John Landis, si la scénographie finale correspond à celle du Bad Tour de 88, etc, c’est assez épuisant d'assister au spectacle en se demandant si Antoine Fuqua est un bon élève ou pas. Alors que l’intérêt n’est évidemment pas là.
Fuqua n’apporte rien à Michael, ou il en a peut-être été empêché je ne sais pas, à mes yeux il aurait été tout a fait à propos d’engager un fil rouge christique/biblique, comme à un moment où sa mère parle d’un don du ciel, du père cherchant à sacrifier son fils, du musicien prêt à répandre un message de paix ou attendre un flash divin dans sa piscine pour créer un nouveau morceau, et surtout son image iconique qui bouleverse la foule à chaque apparition. Il y avait quelque chose à faire cinématographiquement, comme le Jim Morrison d’Oliver Stone hanté par des âmes indiennes ou le Ray Charles de Taylor Hackford traumatisé par les réminiscences d’un drame d’enfance, ici le Michael de Fuqua n’a même pas le droit aux parenthèses d’un homme Peter Pan, qu’il esquisse à peine, c’est fouilli. Mais il est possible que la suite se penche davantage sur la symbolique du christ, tant ses apparitions dans les années 90 étaient délirantes, ou de l'ange déchu quant à ses affaires criminelles et sa décente aux Enfers, entre ruine et dépendance médicamenteuse.
Je ne dirais pas que ce biopic est une déception tant je m’attendais à bien pire au vu des bandes annonces, mais une figure aussi fascinante que celle de Michael Jackson méritait sans doute un bien meilleur traitement (ou une mini-série sur une plateforme X ou Y), surtout avec un casting se révélant qualitatif et autant de moyens déployés. Mais quand un tel projet se retrouve chapeauté par la famille avec un cahier des charges bien précis fallait-il croire à autre chose qu’un ouvrage calibré, inoffensif et redoublant d’emphases à l’adresse du King of Pop ? La réponse est malheureusement non.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes 2026 : Chronologie cinéma et Les meilleurs films de 2026
Créée
le 27 avr. 2026
Modifiée
le 27 avr. 2026
Critique lue 70 fois
5
7 critiques
Je me souviens d'un album posé là, entre un disque de The Police et un autre de Bob Marley. Thriller, de Michael Jackson, au milieu de deux mondes déjà immenses, sans oublier Off the Wall, réalisé en...
le 28 avr. 2026
4
3184 critiques
Attendu de longue date, repoussé, retourné, remonté, le biopic sur Michael Jackson était autant incontournable qu’il fut laborieux à mettre en œuvre. Dans le catalogue interminable des incarnations...
le 24 avr. 2026
8
1344 critiques
De 1966 au concert de Londres, en 1988, nous voyons éclore le talent génial de Michael Jackson des Jacksons five puis en carrière solo ……Cette œuvre cinématographique analyse sobrement le poids...
le 22 avr. 2026
7
457 critiques
Iñárritu est sans aucun doute un réalisateur de talent, il suffit de jeter un œil à sa filmographie, selon moi il n’a jamais fait de mauvais film, de "Babel" à "Biutiful" on passe de l’excellence au...
le 12 févr. 2015
10
457 critiques
Mon expérience avec Taxi Driver a commencée dans une salle de cinéma de quartier il y a 15 ans, tout jeune lycéen ouvert à l'œuvre des Kubrick, Tarantino, von Trier et autres P.T. Anderson, j’étais...
le 27 oct. 2015
4
457 critiques
Mon ressenti est à la fois complexe et tranché, il y a deux ans je ressortais de la séance du Réveil de la Force avec ce sentiment que le retour tant attendu de la franchise ne pouvait m'avoir déçu,...
le 13 déc. 2017
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème