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Hee-hee !
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le 28 avr. 2026
Michael Jackson est certainement le plus grand artiste de la scène musicale. Pour sa voix unique, à la fois pure et nerveuse, capable de passer d’une douceur androgyne et presque enfantine à une énergie tranchante et percussive. Pour sa maîtrise de la danse et ses chorégraphies phénoménales, portées par des clips ambitieux : Beat It, Thriller, Smooth Criminal, pour citer les plus connus, mais aussi le court-métrage de 18 minutes réalisé par Scorsese pour Bad. Pour sa présence scénique, son excentricité, mais aussi toute l'aura de mystère qui l'entoura jusqu'à sa disparition.
Les biopics divisent toujours, car beaucoup de spectateurs en attendent fidélité et objectivité, alors que, par essence, ce n'est pas du tout leur objectif. Le biopic est une fiction retraçant la vie d'une personnalité réelle. Inspiré de faits réels, c'est une œuvre documentée mais en aucun cas un documentaire. Même les documentaires sont à prendre avec beaucoup de recul, car nécessairement soumis aux biais de leurs créateurs, mais le biopic est avant tout une œuvre de fiction, et il est vain d'en attendre davantage.
Je suis allé voir Michael en espérant y trouver une célébration de l'artiste, et sans connaitre beaucoup de son enfance, sa carrière, ou de toutes les rumeurs, scandales et potins qui ont éclaboussé son personnage.
Quand je lis la plupart des critiques négatives, notamment dans la presse spécialisée, leurs attentes étaient diamétralement opposées.
o o o
Beaucoup connaissaient déjà la vie de Michael, de son enfance à son ascension fulgurante, en passant par les abus de son papa toxique, et n'ont rien trouvé d'assez neuf dans le film. Je comprends que si on avait déjà vu des documentaires sur l'artiste, le film n'apporte pas grand-chose de neuf, mais c'est attendu d'un biopic grand public.
Mais surtout, ils y allaient pour voir du sang, en s'attendant à ce que le film prenne parti sur la prétendue face sombre de l'artiste, remuer toute la merde dont se sont abreuvés les tabloïds à l'époque des procès, entre 1995 et 2005, date à laquelle il a été déclaré non coupable sur tous les chefs d'accusation. Je ne me sens aucun devoir moral envers des victimes présumées, et je n'ai pas la naïveté de croire qu'un film financé par les ayants-droit de l'empire MJ aurait mis les pieds dans le plat.
"Michael" esquive totalement ces polémiques en s'arrêtant (abruptement) en 1988, juste après la sortie de Bad, lorsque MJ est au sommet de sa carrière. On a alors droit à un "His story continues" qui laisse présager une suite... inévitable, vu le succès du film, mais aussi inévitablement casse-gueule, si ses producteurs souhaitent en faire un produit aussi lisse et aseptisé que la première partie.
Car même si, comme moi, vous n'espériez pas voir le film s'épancher sur des rumeurs d'attouchements, il n'est pas pour autant dénué de défauts. Il est aisé de se laisser distraire par sa bande-son surpuissante, l'énergie communicative qui rayonne de ses nombreuses séquences musicales, en studio ou sur scène, ou la qualité générale de la production et de l'interprétation, particulièrement Jaafar Jackson et Colman Domingo.
Mais il y a bien peu de substance sous ce beau vernis. Toute la tension dramatique tourne autour de papa Joe Jackson, présenté sans nuance comme un père violent et abusif, et qui sera le seul antagoniste pendant tout le film, alors que tout le monde autour de MJ est remarquablement bien attentionné, à commencer par son garde du corps et son avocat, mais aussi l'armée d'hommes blancs et bienveillants, prêts à tout sacrifier pour sauver Michael de l'emprise néfaste du patriarcat noir qui fume des cigares en conspirant de sinistres manigances dans le dos du pauvre artiste opprimé.
Je n'en rajoute même pas, c'est si manichéen que ça en devient embarrassant. Et un peu redondant, car on comprend très vite que Joe est toxique et que MJ devra s'en libérer, mais il faudra deux heures pour que ça se concrétise, de manière très linéaire et très attendue.
Le film est à son meilleur lorsqu'il montre les concerts, les enregistrements en studio ou les performances sur scène. J'aurais aimé en voir davantage, et passer moins de temps avec des animaux en images en synthèse absolument dégueulasses. Mention spéciale pour le bébé chimpanzé anthropomorphisé jusqu'à la nausée, alors que... ce serait sûrement plus facile de filmer un vrai chimpanzé, non ?
Ce sont ces défauts qui m'ont gêné, bien plus que tout ce que le film ne montre pas, déforme, ou tout ce qu'il aurait pu être. Même si je réalise que je me suis fait hypnotiser par la musique, la puissance du final est indéniable, et vu la pêche que j'avais en sortie de salle, je ne vais pas bouder mon plaisir.
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