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Le lissage.
Pour y apporter une définition un peu simpliste, on dirait : faire disparaitre les aspérités. Les frictions.
Michaël est un biopic lisse. Une série de clichés, d’images médiatiques rendues vivantes pour la surmédiatisation prévue avant même la réalisation du film. L’émerveillement palpitant de la ressemblance du petit Michaël, la danse légendaire de Beat it ou de Bad devenues des boucles névrotiques qu’on se raconte sur le King de la Pop.
Rien ne sauve ce film. Ni la prestation des acteurs, ni la lumière, ni la mise en scène, ni les choix ou les partis-pris de la réalisation puisqu’il n’y en a pas. Comme s’il s’était agi de coller au plus près non pas du réel mais de son image. C’est MJ sur scène, MJ Pepsi, MJ si humain (les enfants à l’hôpital), MJ si enfantin (syndrome de Peter Pan incarné par…la lecture de Peter Pan avec son chimpanzé).
Un gap a été franchi depuis huit ans et la tentative épuisante de biopic d’une seule partie de la vie de Freddy Mercury, Bohemia Rhapsody. En 2018, il fallait que Rami Malek incarne au plus près le chanteur, les mimiques, les danses, les gestes et pour autant, il y avait une visibilité des coulisses, de ce qui ne se disait pas et qu’on avait tous compris, même à l’époque. Le clinquant des flashs des paparazzis ne trompait pas le public, le film s’est autorisé une petite incartade dans cette brèche. Le biopic de Michaël Jackson ne se permet rien. C’est le carnet sur lequel tous les articles, toutes les photos ont été collectionnés par un aficionado de la première heure. Un machin mièvre. D’adolescente ou d’adolescent fasciné par une image, un reflet, une silhouette.
Quel intérêt de reproduire à l’identique, à l’exact identique les clips de Beat it, de Thriller, de Bad ? Une scène, un cliché, une auto-référence. La famille Jackson qui privatise de génération en génération une légende pour bien signifier au monde qu’ils savent de quoi ils parlent.
Ils ne savent pas plus que moi, que vous. Ils ont ouvert le carnet de la collégienne des années 80, ils l’ont feuilleté, ils ont tout copié-collé à l’écran. Ce n’est pas un biopic, c’est un ctrl C, ctrl V. Aucune friction, lisse comme les pages blanches sur lesquelles les photos et les articles ont été collés avec des bâtons de colle UHU.
Créée
le 9 mai 2026
Critique lue 10 fois
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