Mickey 17
6.3
Mickey 17

Film de Bong Joon-Ho (2025)

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Je ne suis clairement pas calé dans la filmographie de Bong Joon Ho car Mickey 17 ne sera que le troisième film que je vois de ce réalisateur (après The Host et Mother), ni calé en films avec Robert Patinson (2 Harry Potter et le premier Twilight) mais quand on me vend un film de science-fiction par un réalisateur primé et avec une notion d’humain consommable sur fond de colonisation planétaire; ça me suffit pour y aller.

Et sans tourner autour du pot, je ne regrette pas ce moment passé à regarder ce pauvre Mickey souffrir et mourir devant mes yeux. Sûrement que le livre dont est issu le scénario nous détaille ou explique pourquoi les Mickey n’ont pas tous le même caractère, en tout cas je ne me l’explique pas par le simple fait de réinjecter sa mémoire, mais le film aborde avec plus ou moins de subtilité notre façon d’utiliser ce et ceux qui nous entourent.

Il semble bien que derrière cette science-fiction pointe une critique de la lutte des classes qui n’y va pas par quatre chemins. Mickey est un consommable et on nous le rappelle très (trop) souvent. Autant que les autres personnages ne soient plus choqués par sa mort, peut sembler crédible à force mais le gag (même si je le trouve juste et bien pensé) de la feuille d’imprimante qui tombe par terre plusieurs fois car personne de l’équipe des laborantins n’y prête attention, est à mon avis trop présent. Nous avons espoir avec la plus sympathique du laboratoire mais même si elle semble apprécier Mickey, ça ne l’empêche pas de participer à toutes les expériences. Mickey est donc consommable, je vous le répète parce qu’on me l’a rabâché pendant plus de deux heures et comme si ça ne suffisait pas, on me sort deux Mickey de l’imprimante. Oui, c’est le scénario et c’est ce qui fait le renouveau de l’histoire après avoir vu le vaisseau, sa vie et la planète à coloniser. Je reviens sur les changements de tempérament, comment un même individu, issu de la même imprimante peut être si différent d’une réédition à l’autre ? Mickey 17 est un chouineur attachant tandis que Mickey 18 est une tête brûlée agaçante. Je ne comprends pas pourquoi il y aurait tant de différence sans expérience vécue par la réplique suivante, mais bon, ça ne gêne pas le visionnage du film.

Autre petit grain de sable dans les personnages, le couple de leaders incarné par Mark Ruffalo et Toni Colette. Autant Ruffalo en politicien perdant, égocentrique et complétement barré pourrait être crédible dans la farce, autant sa femme qui ne pense qu’aux sauces est vraiment étrange, voire complétement déconnectée de sa propre vie. Je me dis bien qu’elle est là pour montrer que les puissants ne vivent plus dans la réalité du commun des mortels (haaa lutte des classes quand tu nous tiens, tu reviens si souvent) mais pourquoi s'obnubiler sur les sauces ? Et que dire de son mari ? Sinon que la synchronicité de la sortie de ce film et la réalité politique sont étrangement coïncidentes. Le délire mégalo de conquête de territoire non connu et la volonté d’être le suprême leader en écrasant l'autochtone est là aussi (hélas) un classique ; sauf que ce film le traite jusqu’au grotesque de par les tenues, le sourire “bright” ou encore la non tentative d’une quelconque dissimulation du plan politique.

Enfin, tout ce petit monde est entouré de personnages secondaires qui vont et viennent un peu quand bon leur semble, ils sont tous ambigus quant à leur volonté, leurs souhaits et autres décisions en tout genre. Là aussi, je me suis retrouvé un peu perdu sur le pourquoi du comment face à certaines situations.

Globalement, le bonus pour moi est les bébêtes. Oui, un film qui a une, voire beaucoup de bébêtes, et bah j’aime bien ça. Et là j’ai été servi. Des cloportes poilus géants et re-bonus, ils “causent”, un bonheur. Elles sont bien sympathiques et vont servir à révéler la part d’humanité de ces colonisateurs humains … un peu niaiseux quand on y pense. Mais pour une fois que l’espèce locale ne cherche pas à bouffer tout le monde, je ne vais pas me plaindre.

Au final, qu’en penser ? Que malgré tout ce que je viens d’écrire, c’est un bon film. Sûrement pas le meilleur que j’ai vu mais il aborde des sujets assez classiques d’une autre façon. Il ne révolutionne pas le monde et encore moins le cinéma mais c’est un bon choix pour passer un moment dans une salle obscure. Je pense que toute l’équipe artistique n’a pas fait ce long métrage pour recevoir des récompenses, mais peut être que celles reçues par Bong Joon Ho lui ont permis de faire un film tel qu’il l’a souhaité sur un livre qui lui tenait à cœur.

Cuzion
7
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le 26 mars 2025

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Cuzion

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