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Pauvre Mickey
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le 13 mars 2025
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Le nouveau film de Bong Joon-ho, adaptation du roman du même nom « Mickey 17 », vient mitiger la critique après son très bon oscarisé « Parasite ». Pourtant, on retrouve les mêmes thèmes chers au cœur du réalisateur, qui sont les inégalités sociales, la folie du monde capitaliste et, bien évidemment, la déconnexion complète entre les ultra-riches et le reste de la population.
La mise en scène :
Si vous êtes un habitué de Bong Joon-ho, vous ne serez pas dépaysé, notamment par ses travelings très fluides. Mais pour autant, on sent qu’il tente d’adapter son cinéma au plus grand nombre. Ses cadres sont soignés mais restent très classiques du cinéma occidental et hollywoodien ; il y a, pour ainsi dire, peu de prise de risque de sa part. Mais le film a pas mal de choses à montrer et à raconter, ce qui, à mon sens, peut parfois nuire ou limiter la prise de risque de la mise en scène pour une narration plus fluide. Ne pas perdre le spectateur est visiblement une règle que s’est fixée le réalisateur dans ce film, alors que le scénario se comprend tout à fait facilement. On notera tout de même un magnifique plan en travelling pendant la scène du repas, qui veut rendre cette scène à la fois confuse et folle, et le fait de ne pas couper renforce énormément cette séquence.
L’étalonnage, lui, reste sobre. Le travail de l’image n’est justement pas très nuancé, seulement de légers contrastes. C’est surtout sur la planète de glace qu’il se fait ressentir, avec une colorimétrie beaucoup plus terne et froide, qui donne exactement ce sentiment de zone hostile et non propice pour les humains.
La musique, quant à elle, est finement agencée ; on s’approche beaucoup plus de la musique classique que de la musique symphonique. Et on évite la sempiternelle musique pop-rock 80/90’s pour nous faire comprendre, à nous spectateurs, que l’espace « c’est cool » !
Qu’est-ce que ça nous raconte ?
Mickey est réimprimé à chaque fois qu’il meurt, c’est un remplaçable. Il garde ses souvenirs à chaque nouvelle réimpression et va « aider » l’humanité dans son exode spatial en mourant continuellement pour sécuriser le reste de l’équipage. Je ne vous dévoilerai pas les manières dont il meurt, car c’est une surprise qu’il faut se garder. Outre cela, beaucoup de thèmes sont abordés dans ce film, comme tous ceux de Bong Joon-ho d’ailleurs : le mépris des classes inférieures (que ce soit à tous les niveaux d’ailleurs), la colonisation biaisée par sa seule vision de l’humanité, et bien sûr la morale humaine sur sa différenciation entre l’homme et l’animal. Les personnages sont souvent grotesques et fortement caricaturés, chaque rôle se doit de correspondre à une case pour nous offrir une vision froide de l’humanité dans ses pires travers. C’est d’ailleurs parfois son plus gros défaut, et le jeu d’acteur à l’occidentale n’aide pas à rendre le propos crédible. Mais passée cette inconvenance, le film a beaucoup à nous raconter, l’histoire est prenante et on se fascine très rapidement pour ces personnages.
Évidemment, l’un des sujets principaux reste le principe de multi-personnalités. Chaque Mickey est à la fois le même et différent, et nous fait nous questionner sur tous les « soi » possibles dans différents mondes, sans pour autant avoir deux personnes diamétralement différentes mais juste un peu changées et ça, c’est assez nouveau dans le cinéma des multiples personnalités.
Conclusion :
On pourra rapidement résumer Mickey 17 à un mix entre Snowpiercer et Okja (deux films de la filmo de BJH) par les sujets qu’il aborde et le jeu d’acteur « à l’américaine » dirigé par un Coréen qui n’a pas forcément la même vision de l’acting. Mais ce qui est important, c’est peut-être ça : la volonté de changer de style, de s’adapter et de toujours chercher à faire différent, même si pour certains cela semble plus classique dans son cinéma. Ce n’est pas son meilleur film, mais loin d’être le pire, et je prends et prendrai toujours du plaisir à découvrir la filmographie incroyable de Bong Joon-ho, qui, pour moi, reste un des meilleurs réalisateurs de ces 20 dernières années.
Créée
le 17 mars 2025
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