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Pauvre Mickey
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le 13 mars 2025
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Mickey 17 est l’exemple typique du film qui croit qu’aborder des sujets lourds suffit à faire du cinéma intelligent. Le pitch est pourtant prometteur : un homme cloné en boucle pour des missions suicides, sur fond de colonisation d'une nouvelle planète où une élite veut fonder une société “pure”. On devine la charge contre l’eugénisme, l’impérialisme, les dérives transhumanistes. Un miroir tendu à la mégalomanie de figures comme Trump ou Musk, avides de “nouveaux mondes” à modeler à leur image. Malheureusement, cette promesse s’évapore très vite.
La mise en scène est inexistante, visuellement sans caractère, incapable de créer une ambiance ou de générer une tension. On pense parfois à Starship Troopers pour la critique militaire ou à La Cité des enfants perdus pour le huis clos oppressant… mais sans le talent, sans la folie, sans la maîtrise. Ici, tout est lisse, désincarné.
Les dialogues sont catastrophiques, creux, pesants. Et les relations entre les personnages ? Inexistantes. Il n’y a aucun lien crédible entre Mickey (Robert Pattinson) et Timo (Steven Yeun), comme si chacun jouait dans un film différent. Quant à l’histoire d’amour entre Mickey et Nasha (Naomi Ackie), elle tient du cliché le plus grossier, plaquée là sans construction, sans émotion, sans raison d’être. On peine à croire à la moindre complicité, et encore moins à une romance. C’est d’une superficialité consternante, comme si le film cochait simplement une case “relation amoureuse” sans s’embarrasser de l’écrire.
Et que dire du rôle de Kenneth Marshall campé par Mark Ruffalo, qui cabotine sans retenue dans un rôle d’autorité grotesque, à mille lieues de la subtilité qu’exigeait son personnage ? Sa performance en devient indigente, presque gênante. Anamaria Vartolomei, dans le rôle de Kai Katz, incarne à elle seule un autre problème du film : des personnages qui semblent là sans raison. Son rôle est si peu développé, si détaché de l’intrigue principale, qu’on en vient rapidement à se demander à quoi elle sert. Elle apparaît, disparaît, sans jamais influencer quoi que ce soit ni enrichir le récit. Une présence fantomatique, symptomatique d’un film qui introduit des éléments sans jamais les exploiter.
Mickey 17, c’est un film qui veut dénoncer mais ne fait que frôler. Qui aligne les grandes idées sans jamais les incarner. Une œuvre prétentieuse, froide et désincarnée, où même les personnages semblent n’avoir rien à faire ensemble. Un ratage d’autant plus frustrant que le film avait tout pour être percutant — et venant d’un réalisateur capable de chefs-d’œuvre comme Memories of Murder ou Parasite, l’échec n’en est que plus amer.
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le 12 mars 2025
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