Être affligé d'une bitte sous-dimensionnée ! C'est le sujet du premier long de Léopold Krauss (27 ans) et il le traite avec pas mal d'humour. Le jeune Gabriel (Abraham Wapler, qu'on a vu dans le Klapisch La Venue de l'avenir) essaie de s'imposer comme influenceur et de percer dans le cinéma. Il a une plutôt belle gueule, donc ça marche avec les filles, sauf que la toute récente mignonne (Pauline / Raïka Hazanavicius) qui l'a ramené chez elle lui déclare gentiment que, même si elle n'a rien contre les petites bittes (parce que, de toute façon, les grosses lui font mal), elle préfère son vibro-masseur. Ça amène Gabriel à consulter un chirurgien spécialisé qui lui dit qu'en effet son pénis est en dessous de la moyenne et que pour l'allonger et l'épaissir, il prend dix mille euros. C'est hors de question : Gabriel n'a pas de thunes, parce que comme influenceur (d'une crème de beauté pour hommes) il gagne une misère et que comme acteur, il est encore sans rôle rétribué. Même, il perd son studio (n'arrivant plus à payer le loyer) et se retrouve à la rue, obligé de supplier un de ses rares potes (apprenti réalisateur) de l'héberger le temps que les choses s'arrangent. Des circonstances font qu'il rencontre un fils à papa archi blindé (Stanislas / Félix Lefebvre) qui tout de suite s'intéresse à lui et lui propose de l'aider à lancer sur les réseaux sociaux une sorte de chaîne-bijou-talisman qu'il a conçu et fait fabriquer. Après lui avoir rapporté un peu de blé, l'association va tourner court parce que Stanislas, lors d'une soirée en petit comité chez lui (c'est à dire dans la sublime baraque de son financier de père), impose aux deux autres mecs qui sont là (dont Gabriel), à l'occasion d'une partie de cartes perchée, de montrer leur teub. L'autre mec s'exécute sans se faire prier : il est monté comme un âne, mais Gabriel, se sentant en position d'infériorité manifeste, refuse de s'exhiber devant les deux dames participant à la partie. D'où une altercation verbale entre Gabriel et Stanislas qui, vexé de se faire traiter d'homo et de fils à papa, exige de Gabriel qu'il vide les lieux, séance tenante. À bout de ressources, Gabriel rentre en banlieue chez son père (doux propriétaire d'au moins cinq poules !) ; il en profite pour écrire un stand-up qu'il jouera ensuite dans un cabaret parisien et dont le thème est : comment accorder ses rêves de grandeur et de réussite avec le fait d'être doté d'une minable petite bitte quand d'autres arborent de vraies trompes d'éléphants. Le stand-up de Gabriel remporte un succès assez encourageant, ce qui lui est confirmé par Pauline (celle du vibro-masseur) avec qui il est resté en contact et entretient, tout au long du film, une histoire sentimentale à éclipses (car il est aussi tenté par une copine de Stanislas : Ruby / Maddie Kulicka). Les 4 acteurs et actrices principaux sont, chacun dans leur genre, pas mal du tout. L'ambiance du film est à la fois sympa, cool et malaisante. On sent que c'est réalisé par un mec jeune, avec des idées, une prise de risque, une certaine sincérité, de la fraîcheur et, en contrepartie, un certain manque de maîtrise technique. C'est léger, parfois assez mignon, gonflé. Il y a cette scène, un peu après le milieu du film, où Pauline fait, avec son vibro-masseur, découvrir à Gabriel le "fameux" (ou soi-disant) orgasme prostatique. C'est beaucoup plus soft que du Gregg Araki, mais de fait ça frôle le scabreux ; après, elle lui demande si ça lui a plu et Gabriel répond quelque chose comme : "Ouais, c'est très spécial" (!). J'en parle parce que je remarque que depuis quelques temps, au ciné et sur les médias, on fait de plus en plus couramment référence à cet orgasme (?) prostatique... et je me demande si ça n'est pas une arnaque montée de toutes pièces pour attraper les gogos (leurs culs).
Temps de conclure. Assez bon premier film que ce Microstar ; c'est (dans son propos et sa mise en scène) sympa, plutôt drôle, sensible, gentiment audacieux. Certains extérieurs sont tournés au Quartier latin, notamment rue des Écoles. Tout ça n'est pas si loin de mon monde... Bref, j'ai assez aimé.