Après les sympathiques « Je suis à vous tout de suite » et « Youssef Salem a du succès », Baya Kasmi, l’habituelle scénariste et complice de Michel Leclerc, nous livre avec « Mikado » son film le plus beau et le plus réussi. En confrontant deux modes de vie (le nomade contre le consensuel), ceux de deux familles à la fois dysfonctionnelles, décomposées et meurtries par les tragédies de la vie qui vont cohabiter suite à un hasard de la vie, elle nous touche en plein cœur. C’est touchant, c’est juste, c’est naturel et le film fonctionne comme une magnifique parenthèse enchantée.
Les personnages qu’elle a imaginés et écrits ont tous des fêlures, qui se dessinent en pointillés, et qui vont apprendre à se reconstruire le temps de cette parenthèse. Quelques jours qui vont marquer la fin d’une époque et le début d’une autre. Et ces personnages sont beaux, certes imparfaits, mais superbement dessinées et incarnés. On les aime au premier regard et le trio d’acteurs qui les porte est tout simplement incroyable. Un joli casting de comédiens qui jouent vrai. Ramzy Bédia confirme encore une fois ses talents d’acteur dramatique, Vimala Pons nous infuse son énergie singulière et Félix Moati joue les fêlures d’une vie amochée avec beaucoup de sincérité. Ils sont merveilleux tout comme les enfants acteurs qui les accompagne.
« Mikado », c’est le genre de film doux comme une caresse, lumineux et solaire comme un jour d’été. Un long-métrage précieux qui nous donne le sourire aux lèvres et le baume au cœur par une accumulation de petits rien, de choses infimes mais sublimes et de menus détails qui font beaucoup, lui conférant son identité propre et un charme unique. Par des touches originales et bien trouvées Kasmi parvient à rendre son histoire différente de tout ce que l’on a l’habitude de voir. D’un couple qui se dispute sans un mot à une adolescente qui se faufile dans une maison et se fond dans le décor, le film regorge de jolis moments magiques et en apesanteur.
Tourné dans la chaleur de la fin d’été dans le Sud de la France, « Mikado » transpire le soleil et ses moments les plus tragiques et durs sont contrebalancés par quantité de moments de joie qui traversent l’écran et irradient le spectateur. C’est peut-être un petit film en apparence mais on le vit comme un très grand moment de cinéma. Simple, beau et sincère, c’est un long-métrage qui sait être aussi pertinent sur son versant social que déchirant sur son versant émotionnel et il se révèle être un bijou de cinéma qui nous a conquis.
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