Oubliez ce qu'on dit sur les mélanges en soirée

D'un côté, tu lis le résumé et tu sens ton sourcil se lever comme si quelqu’un venait de te proposer un cocktail chocomel-vodka-jus de poireaux-grenadine. Tu hoches la tête, tu dis “hmm” comme si tu réfléchissais, parce que ta maman t'as dit d'être poli, mais la vérité, t'en veux pas. T'es déjà certain que ça va être un carnage.

Mike & Nick & Nick & Alice, et toi et tous ceux qui le veulent, c’est exactement ça.

Sur le papier, c’est casse-gueule, ça frôle la falaise avec l’assurance d’un type bourré au Jägermeister : polar + comédie + film d’action... - jusqu'ici tout va bien - + fantastique, enfin plus précisément, voyage dans le temps.

En même temps avec un réalisateur du nom de BenDavid Grabinski, t'as l'impression d'être dans une distopie où la Russie a gagnée la guerre froide et a décidé d'échanger les Etats-Unis et l'Afghanistan.

Mais passons car de l'autre côté, t'as la communauté, le bouche à oreille, les critiques qui te disent : "Mais si, vas-y, saute ! Ca va le faire !"

Et il faut rendre à César ses terrines canines au poulet savoureux et au foie, ça le fait !


Déjà, après Michael B. Jordan, double dose de Vince Vaughn. L'aura n'est pas la même mais le plaisir est là.

Classe, posé, l'acteur se donne la réplique à lui-même et c’est un peu comme découvrir que quelqu’un t’a servi un deuxième verre sans que tu t’en rendes compte : tu sais que ça risque de faire un aller-retour, mais tu prends quand même, parce que l'aller est goûtu et que t'aimes le risque.

Son duo… ou plutôt son duo-duo, c’est toute la colonne vertébrale du film.

C’est lui qui donne ce ton détendu avec le sous-entendu que tout peut déraper en un instant. Il rend acceptable l’improbable et amène cette espèce de flottement permanent entre sérieux, vanne, urgence et absurde.


Mais il n'en reste pas moins bien accompagné. James Marsden et Eiza Gonzalez lui emboitent le pas et les relations qu'ils entretiennent véritablement se tissent doucement, se déforment et s’enrichissent dans ce ménage à trois à quatre.

Tu réalises que tu t’attaches doucement à chacun d’eux, jusqu'aux seconds couteaux qui ne brillent pas par leur matière grise.

Mention spéciale à Johnny Boy, aussi brillant qu'énervant en porte-étendard de la stupidité, d'une réplique à une mimique.


Le film n’est d'ailleurs pas avare en petites blagues récurrentes. La référence Gilmore Girls qui laisse les non-initiés au bord de la route - c'est moi là qui fait du stop. Le running gag des “meilleures années de ta vie” version 20–29 ans.

Et il n'oublie pas non plus quelques petites séquences d'actions qui dynamisent le tout.

La violence est là avec ce petit truc dans la mise en scène, ce petit accent de défouloir assumé qui rend le tout terriblement cathartique et si peu crédible.

Et quand dans les dernières minutes, ça se bastonne et ça flingue sur le hard rock disco d'Andrew WK, ô joie, j'eus envie de crier "ENCORE", sans aucune pitié pour ce cher Johnny Boy qui s'illustrera une dernière fois de la plus belle de manière.


Et comme pour nous dire qu'il a quand même assuré le BenDavid, juste quand tu te dis que ce ton décontracté a su gagner en énergie, PAF, moment émotion qui fonctionne avec toujours cette attention à la musique qui s'inscrit, comme au démarrage, directement dans le script.

“Ah, d’accord. Tu voulais juste me montrer qu'au milieu de ce foutoir, tu pouvais rendre tes personnages attachants.”

C’est presque agaçant tellement c’est bien joué et ça m'oblige presque à occulter le seul bémol scénaristique de l'ensemble dans les derniers instants.


Bref, à la fin, Mike & Nick & Nick & Alice, t'as aimé (enfin loin de moi l'idée de te forcer la main). T'as aimé parce que c'est osé mais pas prétentieux, drôle mais pas lourdingue, rythmé sans être hystérique, fantastique sans être scientifique, généreux sans être poussif, parfois touchant, résolument fun, et toujours sincère.

Un film qui fait du bien autant qu'il défoule.

Un film qui sait qu’il n’est pas parfait mais qui, comme un gosse fier de son dessin, te le montre avec le sourire. Oui, tu ne l'accrocheras pas au mur - à la rigueur dans les toilettes - et y'a plus de chance qu'il vieillisse au fond d'un tiroir (avec tous les autres) mais ce moment où tu l'avais entre les mains, t'étais bien. Et c'est déjà pas mal non ?

Presque assez pour espérer un Mike & Mike & Nick & Alice...

RicowRay
7
Écrit par

Créée

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Critique lue 11 fois

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