Habituellement, je n'apprécie guère les films de Woody Allen. J'ai souvent du mal à accrocher aux intrigues ou aux personnages (bavards) de Woody Allen. La plupart du temps, je m'y ennuie souverainement. Sauf. Sauf "Minuit à Paris" ...
Un ami, fan des films de Woody Allen, lui, et qui n'aime pas "Minuit à Paris", m' a d'ailleurs dit : "c'est bien normal que tu aimes son plus mauvais film..."
C'est une boutade, bien sûr.
"Minuit à Paris" raconte le voyage d'une famille américaine à Paris. Famille composée de Papa, Maman et leur fille Inez accompagnée de son fiancé Gil. Le fiancé est scénariste mais veut devenir écrivain et pense profiter de ce voyage pour stimuler son inspiration. Alors que les parents et la fille sont d'indécrottables américains au sens le pire du terme (hors l'american way of life, point de salut), le futur gendre est plutôt du genre bohème et tombe amoureux de Paris, Paris sous la pluie, Paris des années 20, Paris ville des artistes...
Lorsque Gil et Inez rencontrent par hasard un autre couple dont le mari, Paul, se révèle insupportable de suffisance et de condescendance, Gil en profite pour pour laisser Inez avec eux et prendre le temps de se promener, seul, dans Paris et de rêver aux années 20 et imaginer toutes les rencontres qu'il pourrait faire, les écrivains américains à Paris à ce moment-là, Scott Fitzgerald, Henri Miller, Hemingway, les peintres surréalistes, etc ...


Ce film est si rempli de nostalgie et d'admiration pour le Paris, qu'il soit actuel ou celui des années 20 et même de la Belle Epoque, qu'il en devient un conte dans lequel Gil va évoluer au bras d'une muse, Adriana, qui va l'introduire dans les cercles artistiques de l'époque où tous les artistes devenus ultérieurement très célèbres lui font bon accueil.
Si, au départ, on est un peu dans le cliché du Paris touristique (très belles photos des grands monuments ou des quais de Seine au printemps), très rapidement Woody Allen approfondit et oriente son scénario vers un Paris beaucoup plus intime, romantique et onirique.
Les décors, la reconstitution d'un Paris des années 20, la photographie sont somptueux.
La mise en scène est minutieuse et peaufine les détails pour les rendre à la fois vraisemblables et compréhensibles au spectateur
C'est ainsi que , par exemple, un effort particulier a été fait dans le choix et le jeu des acteurs correspondant aux artistes de années 20 ou de la Belle Epoque : on n'a pratiquement pas besoin qu'on les nomme pour les reconnaître tellement ils sont ressemblants avec l'image qu'on peut avoir..
Quant au casting des personnages principaux, il apparait plutôt judicieux :
- Owen Wilson (que je ne connais pas beaucoup) joue bien son rôle de celui qui tombe sous le charme de Paris mais qui finit surtout par retrouver un sens à sa vie (qui n'est pas le mariage ou le bonheur avec Inez et ses affreux parents).
- Marion Cotillard qui est lumineuse dans son rôle de guide et "d'entremetteuse"; Son regard plein de rêve et de nostalgie est magnifique.
- On tombe volontiers sous le charme et la douceur de Léa Seydoux dans son rôle d'antiquaire
- Même Carla Bruni, dans son rôle de guide du musée Rodin est bien...


Un conte magique.

JeanG55
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Créée

le 20 mars 2021

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JeanG55

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