Basse Californie, Mexique : Laura est embarquée, malgré elle, dans une lente et tourbillonnante descente aux enfers. La chiquita est brutalement extirpée de ses rêves de princesse vers un cauchemar que l'on fait les yeux ouverts, au coeur d'un puissant cartel ultra organisé pour y devenir l'égérie de Lino, le boss, un personnage foutrement ambigu : de magnanime au plus abjecte des pervers.
Laura est de chaque plan et reste constamment sous l'oeil de Gerardo Naranjo. Il ne détourne jamais sa caméra d'elle vers un évènement extérieur malgré le contexte violent dans lequel est plongée la Miss. Un choix audacieux et payant notamment lors de la scène du rapt ou des fusillades. La violence n'est jamais montrée de face, on ne patauge pas dans des torrents d'hémoglobine car tout est concentré dans le regard et l'attitude terrifiés de son héroïne.
Le film est un assemblage de longs plans séquences, saisis par une camera paresseuse conférant une intensité dramatique talentueusement exploitée par une épatante Stephanie "Laura" Sigman.
Laura n'est pas héroïque, elle ne flingue pas et n'a pas la vanne facile. Elle est soumise et dépassée par les évènements ; ballotée entre les mafieux, les fédéraux du DEA (Drug Enforcement Administration) et son concours de beauté qui disputé dans ces conditions est d'une absurdité effarante.
"Miss Bala" est une longue descente jusqu'aux portes de l'Enfer qui s'ouvrent impitoyablement lors du final.