Sorti en 2015 et réalisé par Keiichi Hara, Miss Hokusai est un film d'animation qui se penche sur la vie du célèbre peintre et dessinateur japonais Katsushika Hokusai, comptant notamment parmi ses plus célèbres œuvres "La Grande Vague de Kanagawa". Mais plus que de la vie de Katsushika Hokusai, il s'agit surtout ici de nous raconter la trajectoire de l'une de ses filles O-Ei, d'où le titre du film Miss Hokusai. Après avoir énormément apprécié les deux précédentes œuvres de Keiichi Harade, Un été avec Coo (2008) et Colorful (2010), c'est peu dire si j'attendais beaucoup de ce film. Au final, je peux difficilement cacher ma déception devant ce Miss Hokusai.
Dans Miss Hokusai, on apprend à connaitre O-Ei, l'une des filles du célèbre peintre Hokusai. Katsushika Hokusai a alors la cinquantaine et est a déjà acquis une immense réputation, notamment à travers ses innombrables dessins érotiques. Il est à la fois capable de peindre sur des grains de riz et de peindre sur des toiles qui s'étalent sur plusieurs tatamis. Mais le film se concentre surtout sur O-Ei qui travaille avec son père et qui commence à découvrir la vie adulte avec ses premiers émois amoureux. O-Ei est très différente des jeunes femmes de son âge, elle se méfie encore des hommes, ne veut pas être cantonnée aux tâches ménagères qui incombent aux femmes à l'époque et plus que tout, elle veut devenir un peintre respecté de tous comme son père.
Il y a aussi les disciples d'Hokusai dont l'un qui vit avec O-Ei et son père et qui est en quelque sorte le personnage comic relief du film. Et puis, il y a toutes ces histoires de fantômes qui confèrent aux légendes japonaises, avec les peintures qui prennent littéralement vie devant nos yeux. O-Ei a également une très jeune demi-sœur qui est aveugle de naissance et très fragile. Hokusai n'a aucune relation avec elle, car pour lui, elle symbolise la maladie et la mort. O-Ei va bien tenter de rapprocher son père de sa plus jeune sœur, mais c'est peine perdue. Ayant peur de la mort et voulant devenir immortel (il vivra jusqu'à 90 ans), il ne veut pas être "touché" par la maladie de sa plus jeune fille.
Miss Hokusai c'est donc d'abord et avant tout l'histoire de l'émancipation d'une jeune femme, O-Ei aka Miss Hokusai. Mais le problème, c'est que cette trame centrale est phagocytée par tout un tas d'intrigues secondaires (la magie de l'art, le surnaturel avec les histoires légendaires, la fragilité de la demi-sœur, ...) traitées à la va-vite. Non pas que ces intrigues secondaires soient inintéressantes, mais ce n'est pas assez creusé et on reste à la surface des choses. Le personnage d'O-Ei nous est présenté comme une femme forte, mais le film n'en fait rien, ou pas grand chose. Elle est courtisée par un homme, mais elle le rejette. Elle est attiré par un autre homme, mais lui ne se montre pas intéressé. Finalement, rien de concret lui arrive côté sentiments amoureux. Et puis, que vient faire le surnaturel là-dedans ? On ne sait pas ! Il ne reste que la relation avec sa demi-sœur qui est touchante, mais là encore c'est à peine effleuré dans le film.
Bref, Miss Hokusai c'est une chronique de la vie ordinaire d'une femme qui essaie de s'émanciper dans un Japon paternaliste du début du début du XIXe siècle. C'est léger, avec des tentatives pour nous faire rire (le disciple comic relief) et nous émouvoir (la demi-sœur), mais ça manque de cohérence et au final on ne retient pas grand chose de tout ça. Keiichi Hara nous avait vraiment habitué à mieux auparavant, surtout avec Colorful qui est vraie petite perle de l'animation japonaise. Mais voilà, si on reconnait le style graphique de l'auteur, ça manque de profondeur et je finis pas me demander pourquoi il a voulu nous raconter tout ça ?