Mission Eagle. Un flic. Une Triade. Et une question simple, mais qui va salir tout le reste : peut-on rester soi-même quand le mensonge devient plus réel que la vérité ?
Lin Kai s'infiltre chez Eagle, baron de la drogue. Pas en jouant un rôle. En devenant, vraiment, un toxicomane. Pas de triche, pas de faux-semblant filmé en gros plan pour rassurer le spectateur. La drogue coule dans ses veines pour de vrai, dans la fiction du moins — et c'est précisément ce point de bascule qui aurait pu faire de ce film un classique.
Aurait pu.
Parce que voilà le nom qui plane sur toute cette critique, que tu le veuilles ou non : Alan Mak. Le co-réalisateur d'Infernal Affairs. Celui qui a filmé la dissolution d'une identité comme personne. Alors forcément, ici, la comparaison est inévitable — et elle ne joue pas en faveur de Mission Eagle.
L'histoire a du potentiel. Un ancien flic, disparu, retenu en otage depuis des années. Un piège qui se referme lentement. Une descente qui aurait dû être vertigineuse.
Mais le rythme, lui, ne suit pas. Le film s'égare dans des séquences qui rallongent sans construire. Les personnages ont de l'épaisseur sur le papier, mais le montage ne leur laisse jamais le temps de respirer. On sent le squelette d'un grand thriller d'infiltration — et la chair qui ne suit pas.
Est-ce que ça se regarde ? Oui, largement, pour les scènes d'action et la tension du dernier acte. Est-ce que ça égale l'œuvre qui l'a visiblement inspiré ? Non. Et c'est peut-être le vrai sujet de cette vidéo : que reste-t-il d'un cinéaste culte quand il refait, presque malgré lui, le film qui l'a rendu célèbre — mais en moins bien ?
Mission Eagle n'est pas un mauvais film. C'est un film qui vit dans l'ombre d'un chef-d'œuvre, et qui ne fait jamais l'effort de s'en éloigner suffisamment pour exister par lui-même.
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