4 ans après le film sombre, subtil et torturé de De Palma, c'est John Woo (réalisateur de "Volte-face", "Paycheck", "The Killer" ou "Les 3 Royaumes"), spécialiste des films d'action qui dirige cette seconde aventure d'Ethan Hunt.
Hélas ce Mission Impossible II est un film (voir un téléfilm ) d'action totalement décomplexé à la limite du "nanard" ou la star effectue des cascades au ralenti tel un mannequin "L'Oréal" au sourire ÉCLATANT, dans un méga épisode d'une série TV allemande des années 2000.
Film à la gloire de Tom Cruise (exit ici "l'esprit d'équipe" de la série et des films "Mission Impossible"), surfant sur les « actionners » des années 90’ et des films d’action Hongkongais, la star dézingue du méchant arme à la main tel un super-héros invincible à l’image de Sylverster Stallone, Bruce Willis et autres célébrités qui ont fait jadis la gloire du genre.
Énorme plaisir coupable, ce Mission Impossible II est la parfaite antithèse de l'opus précédent. M:I 2 est là pour nous en mettre plein la vue et nous offrir du grand spectacle, rien de plus.
Ici, on délaisse la finesse d'écriture, de mise en scène et les questionnements sur la place d'un espion dans un monde post-Guerre Froide, pour un film bourré d'explosions, de "gunfights" et de combats au service d'un scénario basique, totalement incohérent et calibré (un virus méga dangereux baptisé "Chimère", menace l'équilibre mondial. Tom Cruise doit le stopper.), le tout enrobé par une mise en scène de séries américaines qui a considérablement mal vieillie (sans compter les musiques "rock" assez horribles et la distribution très mal dirigée. Même Cruise en fait les frais dans certaines scènes).
La faute à un Tom Cruise mégalo (qui affirme ici son statut de star « bigger than life »), désirant le contrôle absolu et une exposition de premier plan sur le projet. C’est Lui la star, le héros qui est au centre du film et qu’importe l’intrigue, la cinématographie et les rôles secondaires "charcutés". Une attitude qui a mené à terme à d'importants conflits de production, à des personnages mal écrit et mal interprétés et à une intrigue poussive et peu subtile.
Tel un prolongement de la scène de l’hélicoptère dans le tunnel du premier film, Mission Impossible II est un "nanard" d'action décérébré qui s'étire, un film presque irregardable aujourd'hui, qui constitue un "divertissement" plus que passable, involontairement drôle et le moins bon opus de la saga d'action portée par Cruise. C'est l'épisode le plus éloigné de l'esprit du média d'origine.
Heureusement pour sa star et les spectateurs, Cruise et son équipe rectifieront le tir 6 ans plus tard avec M:I 3 sous la houlette d'un tout jeune réalisateur à l'époque, J.J Abrams.