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le 14 déc. 2011
SuivreEpiphanie
Ou comment, en deux heures et dix minutes, un réalisateur de films d'animation remet au goût du jour l'actioner décomplexé. Faisant fi du scénario inconsistant (et c'est bien là le principal problème...
La saga Mission:Impossible commençait à sentir le roussi. Semi-échec du troisième volet, et sa star n'était plus une garantie de succès (Walkyrie et Night and Day déçurent au Box Office). On parlait même de Brad Pitt pour succéder à Tom Cruise. Presque un miracle, ce 4ème volet ? Surtout une opération de dernière chance pour relancer l'acteur/producteur, grillé par son attitude hors-scène entre les bonds sur le canapé d'Oprah Winfrey et la dérive scientologique. Bon gré mal gré, Ethan Hunt revient...avec son équipe. Cette fois, elle ne fera pas de la figuration.
Contrairement aux numéros 2 & 3, intégralement tournés vers le délire égomaniaque de Cruise en ne laissant que des miettes à ses partenaires, les seconds-couteaux existent enfin. Contrainte des studios ou vraie idée originale, l'ajout de personnages un peu plus creusés fait du bien. Jeremy Renner crève l'écran dans le costard du mystérieux Brandt, Paula Patton ajoute le charme sans casser de briques question performance, et Simon Pegg apporte la touche d'humour nécessaire. Enfin, Tom Cruise semble avoir enfin trouvé le parfait compromis entre l'agent secret un peu froid (les deux premiers M:I) et l'autre trop émotif (le troisième volet). Il campe la position parfaite: à la fois figure de mentor et d'homme. Ce dernier point est visible lors des scènes d'action, dans lesquels Hunt se fait plus malmener qu'auparavant. Le visage plus marqué et ce regard fermé traduisent une douleur qui n'était pas apparente dans les précédents volets. Un Cruise plus en retrait, ce qui lui permet de retrouver le magnétisme du premier volet. Protocole Fantôme - pourtant réécrit en cours de tournage - est également le mieux dosé depuis l'opus concocté par De Palma, son histoire alternant exposition, action, retournements de situation et résolution presque sans une seule fausse note. Si je devais tiquer sur quelque chose, ce serait le méchant du jour somme toute anecdotique. Une première pour la saga qui a plutôt du flair pour proposer de bons adversaires.
Je ne peux manquer d'évoquer le dernier point, puisqu'il s'agit également de la valeur ajoutée de cet épisode 4, à savoir Brad Bird. Le réalisateur culte du Géant de Fer ou des Indestructibles signe ici son premier film en live, et le baptême est plus que réussi. On retrouve cet appétence pour le jeu et le mouvement, qu'il marie une nouvelle fois brillamment aux cascades dingos et à la démesure. Ajoutons le running gag des matériels défectueux, presque cartoon. Bird a retenu la leçon essentielle du maître McTiernan (qu'il admire), la compréhension de l'espace est déterminante pour que l'action fonctionne. Chaque moment fort fourmille d'idées de mise en scène pour faire du lieu un personnage au lieu d'une toile de fond. Évidemment, l'ascension du Burj Khalifa arrive en tête des séquences fortes, probablement la plus impressionnante de la saga. Sujet au vertige ou non, le résultat file une pétoche d'enfer. Protocole Fantôme prend également le parti de ne céder au grandiloquent dans son final, pour l'amener vers un territoire encore une fois plus ludique.
Pour couronner le tout, le film délivre plusieurs excellentes scènes en montage parallèle, permettant de jouer sur différents registres (suspense, humour, rebondissements). Un régal. À mes yeux, il s'agit du volet le plus abouti de la licence. Après deux volets handicapés par l'égo de sa star, celui-ci fait table rase des erreurs passées pour retrouver la finesse d'une mission superbement exécutée. L'équipe Mission : Impossible est de retour dans la place.
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Créée
le 26 juil. 2019
Critique lue 89 fois
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le 14 déc. 2011
SuivreOu comment, en deux heures et dix minutes, un réalisateur de films d'animation remet au goût du jour l'actioner décomplexé. Faisant fi du scénario inconsistant (et c'est bien là le principal problème...
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le 24 févr. 2016
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le 5 avr. 2012
SuivreJ'appellerais bien Brad Bird de tous les noms d'oiseaux. Voilà la preuve (s'il en fallait une) que réaliser des films Pixar et faire du cinéma avec des vraies caméras et des ( ... ) acteurs sont deux...
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