Rarement on avait vu de récente mémoire, un film qui pousse les curseurs de l’idiotie et de la bêtise si loin! Il est certain qu’avec un synopsis pareil on ne s’attendait pas à voir une comédie empreinte de finesse mais ce film de potes où les drogues hallucinogènes sont le vecteur et la base des actions des personnages est un summum du genre. « Mission Pizza » est même presque la résurrection d’un genre devenu extrêmement rare ces dernières années: celui des « stoner movies », ces œuvres où les protagonistes sont défoncés durant tout le film. Un sous-genre de la comédie qui recèle tout de même quelques perles comme l’excellent « Délire express » ou encore le culte et plus prestigieux « The Big Lebowski ». Mais si on doit comparer celui-ci avec un film du même niveau de connerie, ce serait sans conteste l’illustre navet avec Ashton Kutcher et Seann William Scott : « Eh mec, elle est où ma caisse ? ». Ici, le duo de réalisateurs n’y va pas de main morte dans le non-sens comique. Ils nous proposent un script de teen movie classique. Sauf que les héros sont les souffre-douleurs du campus universitaire et que le tout est baigné dans les substances pour un rendu qui s’apparente un hybride de comédie potache avec gags pipi-caca, de jeu vidéo décérébré et de fantaisie complètement hallucinée.
On peut dire que Brian McElhaney et Nick Kocher y vont à fond dans ce que le cinéma comique peut offrir de plus gras, lourdingue et vulgaire. À côté de « Mission Pizza », « Americain Pie » ou encore « Dumb & Dumber » passeraient, par exemple, pour des œuvres pointues et délicates confectionnées par des enfants de cœur. Le film ne recule devant aucune blague lourdingue et ose tout sans compromission. À bien des moments, on serait presque gêné par le défilé de bêtise et de non-sens intellectuel qu’on nous sert sans discontinuer à une cadence infernale. En revanche, le long-métrage porte bien son titre car c’est vraiment le genre de productions à regarder avec une pizza entre potes devant sa télévision en étant dans un état d’ébriété ou sous substances récréatives. On se demande plusieurs fois durant la projection comment ils ont osé mettre en scène des situations pareilles toutes plus sottes les unes que les autres. Et notre cerveau hésite entre être atterré et stupéfait par tant d’imagination dans le n’importe quoi ou trouver ça génial.
« Mission Pizza » semble sortir d’une autre époque parce qu’il ne se refuse rien et, surtout, le fait avec un plaisir assumé. Car oui, ce qui permet au film de ne pas être complètement idiot et de ne pas être rangé dans la catégorie des nanars honteux c’est bien la manière totalement volontaire et sans gêne de nous servir une comédie qui n’a peur de rien et surtout pas du ridicule. Et c’est tellement sincère qu’on en vient à deux ou trois reprises d’avoir plusieurs éclats de rire comme avec la séquence des vérités où les personnages ne savent pas mentir. En outre, le film regorge d’idées plus folles (ou sans queue ni tête) les unes que les autres. Cela ne fonctionne pas toujours pour autant mais dans la multitude de gags, quiproquos et dialogues lunaires, certaines idées sont bonnes. Comme lorsqu’on ose briser le quatrième mur et faire une mise en abyme sacrément originale et couillue sur la fin. Voilà donc un film où chaque scène surpasse la précédente dans la folie et la débilité mais qui aboutit à un joyeux capharnaüm généreux, sans prétention ni aucune barrière. C’est drôle si vous laissez votre cerveau et votre sérieux au placard!
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