Réalisé par Alan Parker, Mississippi Burning revient sur l’enquête menée après la disparition de militants des droits civiques en 1964 dans le sud ségrégationniste des États-Unis.
Le film vaut d’abord pour sa valeur historique : il recrée avec efficacité le climat de haine et de tension qui régnait alors au Mississippi. La réussite tient aussi au duo de flics incarnés par Willem Dafoe et Gene Hackman. Voir Dafoe dans un rôle plus classique que ceux auxquels il nous a habitués m’a particulièrement plu, et la complicité qui se crée avec Hackman fonctionne à merveille. Le reste du casting reste solide.
Cependant, le film pèche par son manque de subtilité. Les gentils sont très gentils, les méchants ouvertement caricaturaux, et les archétypes (le jeune idéaliste, le vieux flic au fond humain) rendent le récit prévisible. La romance entre Anderson et Mrs. Pell est bien fade et paraît artificielle. Enfin, je ne sais pas si cela tenait à la plateforme, mais l’image que j’ai vue était vraiment médiocre, ce qui a un peu gâché l’immersion.
En somme, un film fort et prenant malgré ses facilités, qui reste recommandable pour son intérêt historique et son interprétation habitée, mais dont l’impact est amoindri par son manichéisme bien américain.