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Totally Spies
"- Hey, si on jouait aux espions ? - Ah ouais, on dirait que je serais un agent russe russe et toi une femme fatale ! - Cool, et on tomberait amoureux à Monaco !" Sauf qu'on ny croit même pas cinq...
le 27 févr. 2013
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Les fêtes de Noël sont là, le monde est plus doux, les gens sourient sans raison valable, et dans cet état de faiblesse émotionnelle, je décide de faire confiance au cinéma français. Un peu comme si, pris d’un élan humaniste, je laissais un nourrisson piloter un Airbus après un goûter réussi. Lançons donc Möbius.
Le film se pitch dans un monde d’espionnage, avec une atmosphère sérieuse, des regards profonds qui nous font dire « attention c’est complexe », on se demande même si on ne va pas devoir prendre des notes. Mais bien vite la supercherie se fait jour, le film ne s’attarde pas à raconter une histoire, il suggère vaguement qu’une histoire existe quelque part, hors champ, probablement dans une version du scénario que personne n’a lue jusqu’au bout. On passe de scène en scène comme dans un rêve d’alcoolique en manque coincé au rayon champomy du carrefour de Mantes la Jolie, sans transition, sans enjeu clair et sans évolutions des enjeux ni des personnages. Tout n’est là que pour justifier le vrai scénario : que Jean Dujardin tombe très très amoureux de la personne dont il ne doit surtout surtout pas tomber amoureux, Cécile de France. Avec un synopsis de cette qualité, accrochez-vous mes p’tits biquets.
Les personnages donc. Au nombre de 2, pas par minimalisme mais parce que tout effort d’écriture était hors budget. J
ean Dujardin incarne un espion avec la vitalité d’un homme qui aurait découvert trop tard que son billet SNCF n’était non remboursable. On nous le présente comme un homme intelligent, brillant, future tête de l’espionnage de son pays, pris dans des manipulations hautement complexes. Un homme qui contrôle toute sa vie et son environnement en somme. Alors que le film nous fait découvrir un homme qui parle peu, fait constamment les mauvais choix et fini par se faire gauler comme un gros looser.
Son personnage fait concours à Descartes pour un nouvel axiome philosophique : « je pense donc je suis une bite », c’est assez fascinant. Je veux pour preuve devant le tribunal de la nullité, le passage ou JeanMichelSbireRusse traite le personnage de Cécile de France de fille de peu de vertu. C’est alors que, ne sentant que son courage viril prêt à sauver la réputation d’une femelle dont il devrait royalement se battre les escalopes, JuJu menace de lui péter les dents. Une scène pouvant justifier à elle seule de donner un Darwin Award du vivant d’une personne.
Cécile de France, quant à elle, est traitée comme un pur objet narratif. Une sorte de Women Empowerment probablement. Son personnage existe pour être désiré, manipulé, sacrifié, sans jamais être réellement construit. Son seul enjeu c’est de pouvoir retourner aux United States des Etats Unis. Elle n’a pas de trajectoire, pas de cohérence interne, pas même une vraie fonction dramatique autre que celle de catalyseur émotionnel décrété par le film. Pire encore, la mise en scène semble prendre un malin plaisir à la vider progressivement de toute substance, jusqu’à cette conclusion grotesque où elle finit littéralement réduite à l’état de légume, reconnaissance faciale incluse, comme si l’ultime révélation du film était qu’on regardait enfaite une pub beaucoup trop longue pour le téléthon.
(On peut aussi citer Tim Roth en personnage, mais le pauvre, c’est le seul crédible dans un style d’oligarque un peu Silicon-vallée compatible. Mieux vaut le laissez en dehors de ce massacre... Tim si tu nous entends, nous partageons ta douleur.)
La relation entre les deux personnages n’est jamais construite, jamais intelligente ni intelligible. Ils « s’aiment » parce que le scénario en a besoin, pas parce que quoi que ce soit à l’écran le justifie. Ajoutons que les seuls moments d’évolution dont dispose le couple pour se construire sont des moments ou … ils b*isent, ou alors l’objectif est relativement proche, comme si la proximité physique suffisant à créer du lien émotionnel. Ah non pardon, on dispose d’un moment de partage au téléphone, elle sur écoute, Juju dans la bagnole des zezpions, la tension est palpable … pendant que la cohérence est allée chercher son desert eagle pour se faire sauter le caisson. Si tant est que ce n’était pas déjà fait. A ce niveau d’espionnage, même un formulaire administratif est plus palpitant.
Et comme si ce long tunnel d’ennui n’était pas suffisant, le film décide de nous achever avec une fin qui tient à la fois du grand n’importe quoi et de l’insulte intellectuelle. La métaphore de la « boucle de Möbius », révélée devant un Juju aux yeux de merlan frits, est à peu près aussi risible que cet étudiant de philo à qui on demande ce qu’est le courage, et qui se taille en laissant sa feuille vide et son année lamentablement foirée.
On assiste ensuite à une scène censée être émouvante, mystérieuse, tragique, mais qui ressemble surtout à une réunion de scénaristes ayant décidé collectivement d’abandonner toute logique. Absolument rien n’est résolu. Rien. Qui est où ? Pourquoi ? Comment ? Est-ce légal ? Devrons nous payer des préjudices aux spectateurs devant cette daube ? Le film s’en fout. Il pose un fondu au noir comme un fonctionnaire devant la pointeuse à 14h00 un lundi, en disant « j’ai fini ma semaine, démerdez vous ».
Avec le générique, je me lève de mon siège en titubant, une forte douleur me prends l’entre-jambe et je réalise que Möbius n’était pas un film. C’était enfaite mon coffret scorpio de Nöel à moi.
Créée
le 29 déc. 2025
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