Le projet avait de la gueule. L'adaptation la plus célèbre d'un roman non moins célèbre de Herman Melville. Tournée par un réalisateur prestigieux et avec de bonnes têtes. Néanmoins, je m'aperçois avant mon visionnage que mes éclaireurs semblent se scinder en deux camps : ceux qui ont adoré, et ceux qui n'ont pas trop apprécié. Malheureusement je vais me ranger dans la deuxième catégorie.
La thématique du film, sur l'obsession, est toujours intéressante et universelle. Mais le récit est lui très mou. Il faut attendre un bon moment avant qu'il ne se passe réellement quelque chose. La faute au protagoniste Ishmael qui, il faut le dire, ne sert pas beaucoup à l'histoire. On me dira "mais c'est le narrateur", sauf que bon nombres de scènes se déroulent sans lui !
"Moby Dick", c'est aussi un film très bavard. Des tirades pompeuses, des passages en voix-off (les affres d'une adaptation littéraire ?), tout cela aurait pu être écourté.
Heureusement, l'accent "marin" (vocabulaire et diction façon 19ème) donne de la couleur. De même que les bonnes têtes embauchées. Par contre je serai plus réservé sur la prestation de Gregory Peck, qui en fait des caisses en capitaine Ahab taciturne et obsédé. On le croirait sorti d'un dessin animé.
Sur la forme, il y a quand même des moyens. Des scènes tournées en mer. Des passages de chasse à la baleine assez crédible... pour cause, l'équipe technique a filmé de vrais chasseurs de baleine exécutant leur proie ! Un procédé évidemment inacceptable de nos jours, mais qui a le mérite de rendre crédible l'entreprise.
Il y a aussi une photographie qui joue sur diverses teintes de couleur. D'abord sur terre avec ce ton ocre. Puis en mer, avec ce ton gris/bleu. Ca ne marche pas toujours, notamment avec les fonds en arrière-plans. Mais ça donne une identité au film.
A l'arrivée, je ne suis pas trop convaincu par cette adaptation qui aurait mérité une histoire plus rigoureuse.