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Pas le film qui me réconciliera avec le fait d’adapter l’œuvre de Marguerite Duras au cinéma. Pourtant j’y croyais. Déjà parce que Moderato cantabile fait partie de ses écrits que je n’ai pas lu donc totale découverte en plus de ne pas avoir la mauvaise (mais inévitable) idée de les comparer. Ensuite parce que voir une association Jeanne Moreau / Jean-Paul Belmondo sur un texte de Duras, je ne sais pas pourquoi, j’étais très confiant. Très vite on comprend que ça ne va pas l’effectuer, la faute à un respect trop imposant pour le texte de Duras, la faute aussi à une mise en scène volontiers ralentie, comme si elle cherchait à se marier avec le rythme des mots de l’écrivaine, comme si elle convoitait la neurasthénie de son personnage féminin central. Moreau et Belmondo ne se dévoilent pas comme elle le fera chez Bunuel dans Journal d’une femme de chambre, comme il le faisait dans A bout de souffle, de Godard. Ils ne parviennent pas à se frayer une place. Ils sont dans une énergie trop fabriquée et amorphe pour nous convier dans leur histoire, d’amour impossible, de drames mystérieux, d’errance mystique. Une affaire de sonatine perturbée par un cri tétanisant ; De solitude dérangée par l’arrivée d’un désir insolite. Il y a tout pour déchirer mais le film ne froisse même pas. A part ça, Moderato cantabile est intégralement tourné à Blaye et c’est un choc esthétique, vraiment. C’est pas loin de sauver tout le reste tellement c’est beau. Et c’est aussi là-dessus qu’il dérange et prouve qu’Antonioni – auquel on pense souvent ici – ne pourrait fusionner avec Duras.
Créée
le 17 déc. 2017
Critique lue 1K fois
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