Une fillette de dix ans, sa sœur enceinte, son père déphasé et sa mère disparue tragiquement. Voici la famille d'émigrés slovènes dans la banlieue de Melbourne qui évolue dans Moja Vesna, le film australo-slovène de Sara Kern. Tout est vu à travers les yeux de la petite fille, au fil de scènes qui sont autant de fragments d'une vie déboussolée. L'atmosphère y est pesante, étrange et souvent cryptée, hélas, alourdie de tout un tas de symboles qu'il n'est pas aisé de déchiffrer, comme cette image d'un pélican glissant nuitamment sur la surface d'un lac. La cinéaste ne tend que peu de perches au spectateur, refusant de composer une trame linéaire. C'est un film sur le deuil, assurément, sur le destin d'exilés aussi mais il manque beaucoup d'éléments du puzzle pour ressentir véritablement de l'émotion, ou tout du moins un peu de compréhension à l'égard de cette famille et notamment de cette fillette, qui est en quelque sorte sa seule pièce stable et raisonnable, en dépit de sa difficulté à appréhender les errements de ses proches et sa propre affliction. L'on comprend bien qu'en racontant cette histoire à hauteur d'enfant, la réalisatrice a voulu nous plonger dans son quotidien erratique. Mais une fois cela dit, l'on n'est guère avancé et un peu décontenancé par le faux rythme et l'absence de clarté du long-métrage.