Mom
5.3
Mom

Film de Adam O'Brien (2025)

Voir le film

Il y a des films qui ne font pas seulement peur : ils épuisent, ils serrent, ils laissent une trace. MOM d’Adam O’Brien en est une démonstration symptomatique. Derrière son apparente histoire de maison hantée et de visions inquiétantes, on comprend très vite qu’il parle d’autre chose, d’une autre forme d’horreur, plus banale, plus invisible : celle de devenir mère et de ne pas y arriver comme on l’avait rêvé.

Ce n’est pas un film sur un monstre. C’est un film sur une femme qu’on ne voit plus, qu’on ne comprend pas, et qui glisse doucement vers l’indicible. Le réalisateur filme son quotidien comme un cauchemar éveillé : les cris d’un bébé se mêlent aux bruits de la maison, les murs se rapprochent, la lumière devient presque hostile. On sent la fatigue, la désorientation, le vertige. Et surtout cette solitude immense, poisseuse qui s’installe quand plus personne ne perçoit à quel point on a besoin d’aide.

Ce qui frappe, c’est à quel point la douleur de cette mère passe à travers l’écran. On la sent dans ses gestes lents, dans ses regards perdus, dans sa manière de ne plus savoir comment aimer ce petit être qu’elle a pourtant tant désiré. Le film ne juge jamais. Il regarde. Il écoute. Et dans ce regard, il y a une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : parfois, donner la vie, c’est aussi s’y perdre un peu.

La deuxième partie du film déroute, certains y verront une dérive vers le pur fantastique, d’autres la continuité logique d’un esprit qui se fracture. Cette dernière m'a maintenu dans le partage de la souffrance ressentie par cet esprit en pleine chute qui, entre chaque visions euphoriques, reprenait inexorablement le chemin d'un épilogue pernicieux. Peu importe, au fond. Ce qui reste, c’est cette impression d’avoir partagé, l’espace d’un film, la lente chute d’une femme et d’une famille qui pensaient s’élever vers le bonheur.

MOM n’est pas un film horrifique au sens classique. C’est un cri feutré, un cauchemar du quotidien, un miroir tendu à celles et ceux qui se sont déjà sentis seuls au milieu de l’amour. Et quand le générique s’affiche, il reste ce poids dans la poitrine, celui d’avoir vu quelque chose de profondément humain, trop humain.

Warony
6
Écrit par

Créée

le 9 nov. 2025

Critique lue 67 fois

Warony

Écrit par

Critique lue 67 fois

D'autres avis sur Mom

Mom

Mom

6

Warony

4 critiques

Mother Of Mercy

Il y a des films qui ne font pas seulement peur : ils épuisent, ils serrent, ils laissent une trace. MOM d’Adam O’Brien en est une démonstration symptomatique. Derrière son apparente histoire de...

le 9 nov. 2025

Mom

Mom

8

Misterangel

557 critiques

Critique de Mom par Misterangel

Ambiance très pesante , très lourde et assez flippante , Mom aborde avec une justesse rare le thème douloureux de la dépression périnatale. Portrait glaçant d’une mère qui sombre sous le poids de sa...

le 5 nov. 2025

Mom

Mom

7

Artelion

806 critiques

Critique de Mom par Artelion

Tres tres cool! Le fantastique est dosé pile avec justesse pour laisser un doute planer sur la santé mentale et la detresse de la protagoniste. Le scenario pousse à fond les curseurs qu’il annonce...

le 30 oct. 2025

Du même critique

Sacrifice

Sacrifice

6

Warony

4 critiques

Là où la lumière ment

En regardant Sacrifice, j’ai eu l’impression de me retrouver face à une œuvre à la fois fascinante et déséquilibrée, un film qui m’a happé par son atmosphère mais m’a parfois perdu dans son récit...

le 10 nov. 2025

Mom

Mom

6

Warony

4 critiques

Mother Of Mercy

Il y a des films qui ne font pas seulement peur : ils épuisent, ils serrent, ils laissent une trace. MOM d’Adam O’Brien en est une démonstration symptomatique. Derrière son apparente histoire de...

le 9 nov. 2025

The Legend of Zelda: Ocarina of Time

The Legend of Zelda: Ocarina of Time

10

Warony

4 critiques

Partition pour un rêve en 3D

Disclaimer : Cette première critique que je vous livre ici n'en est pas une, mais plutôt le souvenir intact d’un moment d’autrefois, d’une époque qui me semble aujourd’hui si lointaine, et d’une...

le 8 nov. 2025