Je confesse.

La comédie française au cinéma commençait à être dans une mauvaise passe. Après des pelletées de films plus lourds les uns que les autres, d'adaptations de BD franco-belges sans âmes, de mauvaises suites de mauvais films, il devenait difficile de donner un quelconque crédit à ce genre dans notre beau pays. Pourtant, Mon Crime a vu le jour.

Certes, au niveau de la production, on ne révolutionne pas la recette : on prend des têtes que tout le monde connaît depuis longtemps (Boon, Luchini, Huppert, Dussoliers, et même Laspalès c'est pour dire), on signe le chèque et on espère qu'à partir de là ça suffise à rentabiliser. Mais ce à quoi on s'attendait pas, c'est ce que Ozon allait réussir à faire ressortir d'eux : le meilleur. Luchini a tout le loisir d'utiliser toute les cordes de sa voix, et Dany Boon joue admirablement un personnage curieux à accent exotique, soit le seul type de rôle où il n'est jamais réussi à être drôle. Mais cela était sans compter les deux têtes d'affiches, Nadia Tereszkiewicz et Rebecca Marder, qui arrivent avec leur décontraction et leur diction tranchante à saisir tout le punch des dialogues écrits d'une plume vorace. Ce sont elles qui portent le rythme du film, à l'image de la danse qu'elles mènent dans cette parodie de justice. Comme quoi, il y a du bon à ajouter à la recette de nouveaux ingrédients.

Alors, pardonnez-moi, mesdames, messieurs, d'apprécier ce film à sa juste valeur : un festival de bonnes idées de cinéma, une pièce de dialogues fous et absurdes, un trop court moment d'une heure et demi à plus que pouffer, mais à réellement s'amuser. Non il n'y a pas à dire, c'est un vent nouveau, un véritable espoir pour ce genre à qui on donne si peu dans nos salles. Et pour cela, je lui pardonne même ses fonds verts moches et la présence de Laspalès ; bravo. Alors pardonnez-moi aussi, et allez le voir dans cette optique. Ne vous attardez pas à l'intellectualiser, à y chercher un message : le rapprochement avec MeToo n'est qu'anecdotique à côté de ce que le film a à offrir. Profitez de ce souffle rare, ne prenez pas le film au sérieux, et sans aucun doute, il vous le rendra bien.

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le 14 mars 2023

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