Le titre est prometteur tout comme le générique, avec de part et d'autre de la caméra l'excellent Luigi Comencini, réalisateur au talent confirmé, et la très sensuelle Laura Antonelli qui fit fantasmer toute une génération de mâles italiens (mais pas que) dans les années 1970. Le résultat est moins exaltant que prévu, la faute surtout à une direction d'acteurs/trices qui pousse le curseur vers la caricature et la satire sans nuances autour d'un scénario digne d'un mauvais vaudeville. Tous les personnages sont sots et ridicules, à commencer par la pulpeuse héroïne dont les "non" effarouchés constituent à peu près les seules lignes de dialogues. Dommage, car les sujets abordés (l'aliénation mentale et sexuelle de la femme au début du XXe siècle, l'hypocrisie morale, la tyrannie de l'Eglise, le mépris de classe ou le nationalisme exacerbé) méritaient un traitement moins lourdingue. Quant à la dernière partie, qui tourne autour du culte de la personnalité suscité par l'écrivain Gabriele D'Annunzio, elle est certes amusante mais intéressera surtout les connaisseurs de la littérature et de l'histoire italienne. Reste une sympathique musique, de beaux décors et costumes joliment photographiés et des pastiches de films muets ou d'images d'époque fort bien intégrés.