C'est pas la pommade des copines qui vous libèrera

Succession de petits recueils de parole en roue libre. Beaucoup de grandes ados sages et rangées qui courent après une émancipation tamponnée par la meute et les champs d'études autorisés. Quelques-unes touchent du doigt des choses un peu plus relevées (l'arabe et la ronde) mais elles sont condamnées à se jouer et de toutes manières il faut entrer dans le rayon des camarades, sans quoi elles ne seront pas entendues !


Ce film n'est pas fait pour aller en profondeur ni vers des sujets sérieux (féministes, à potentiel revendicatif, ou non). On entend parler de 'social' ; qu'on y aille, qu'on nous en parle, avec le contexte et la nature des participants. Qu'on essaie de cerner d'où viennent ces inhibitions bizarres, ces niaiseries, ou ces armures que portent les filles qui en sont venues physiquement à envoyer des signes dissuasifs. Bien des problèmes de poids, d'habitudes relationnelles ou d'apparence viennent de ces blessures-là ; de convoitises précoces et malvenues, ou de négligences, ou d'un ennui et d'un désespoir mortifiants.


Mais c'est probablement trop violent, trop élémentaire, trop intime, ni dans le champ de l'hédonisme ni dans le champ de la complainte et du visible, donc ça n'est pas soupçonnable – ou bien il faut l'éluder encore, sans quoi les souffrances, les fragilités, vont vraiment remonter. Ce film est probablement réalisé trop tôt, alors ses parties prenantes s'en remettent à la sociologie et aux clichés. C'est pourquoi le résultat n'offre pas matière à débat (et le refuse tellement profondément que ce refus lui-même ne semble pas 'pensable' – faut-il faire un lien avec l'absence d'hommes, pourtant défendable ?) – j'ai quitté rapidement celui proposé en direct (?) par SC.


C'est tellement évident et stérile que c'en est même pas triste ; les gens apprécieront ou rejetteront franchement pour des raisons externes, l’œuvre elle-même n'apporte que des poids morts pour ajuster – aux indifférents de la considérer librement. Comme film pédagogique bien-pensant-et-faussement-remuant c'est opérationnel ; avis aux futures instits ! Comme documentaire c'est approximativement le niveau zéro, une bienveillance aveugle et un militantisme prudent mais goguenard se substituant à toute tentative d'investigation ou de compréhension. Ma première 'Cinexpérience' SC, la première post-confinement et par internet.


https://zogarok.wordpress.com/2020/05/19/mon-nom-est-clitoris/

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le 18 mai 2020

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Zogarok

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