Daphné Leblond & Lisa Billuart Monet s’intéressent à ce que certains pensent encore être un gros-mot : le clitoris. Cette chose rarement dévoilée dans les manuels scolaires « pas plus gros qu’un petit pois » d’après-eux, alors qu’en réalité, il est « aussi grand qu’un pénis » puisqu’il fait… roulements de tambours… 11cm ! Cet organe est tellement passé sous silence qu’il est rarement (voir jamais) expliqué à l’école en SVT (d’ailleurs la séquence d’ouverture est criante de vérité, rares sont les filles à savoir le dessiner correctement).
Mon nom est Clitoris (2020) donne la parole aux femmes, à des jeunes filles âgées entre 20 et 25 ans, qui lèvent le voile sur leur sexualité. De leur première découverte du clitoris (lors de plaisirs enfantins liés à la découverte de leur corps ou à l’adolescence), à leurs expériences avec la masturbation ou le porno (quelle distance avoir avec ce média, comment le perçoivent-elles ? Quelle différence font-elles entre le porno féministe, mainstream, hétéro ou lesbien ?). Quid de l’orgasme vaginal & clitoridien ?
A la question « as-tu le souvenir que l’on t’ai parlé du clitoris à l’école », toutes répondent par la négative. Il est grave qu’au XXIème siècle, en parcourant les manuels scolaires, on constate encore et toujours qu’ils fassent l’impasse sur cet organe (qui est loin d’être inutile puisqu’il est, excusez du peu, le seul organe du corps humain dédié uniquement au plaisir !). Et que dire des manuels scolaires qui abordent la masturbation uniquement sous l’angle masculin ? (car c’est bien connu, les filles ne se masturbent pas, d’ailleurs elles n’en connaissent pas l’existence). Le manque d’apprentissage et de connaissance sont flagrant lorsqu’on les interroge sur les informations dont elles n’ont jamais eu connaissance à l’école.
Le film lève le voile sur des ressentis très touchants de la part de ces femmes, de leurs premières expériences en passant par le regard que l’on peut porter sur leur corps, des dictats de la mode en passant par l’emprise du patriarcat. Le film brise des tabous, donne la parole et c’est tout simplement enrichissant.
Pour la petite anecdote, le film fut récompensé par le Magritte du Meilleur Documentaire (l’équivalent belge de nos César).
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