Les plus grands classiques du western ne sont pas forcément signés Sergio Leone, quand bien même la musique serait d’Ennio Morricone. Il y a une vie après Leone et Mon Nom Est Personne démontre qu’on peut faire aussi bien que le maître, réaliser un chef-d’œuvre légendaire en s’inspirant mais sans plagier. Il reste que l’idée du film est tout de même signée par le grand patron, cela n’empêche pas ce film d’avoir une identité propre qui passe beaucoup par Terrence Hill dont les attitudes décalées, le flegme n’auront jamais eu autant leur place dans un film.

Ce film est un peu Star Wars au pays du western, le jeune padawan qu’est Personne vient s’imposer dans la vie de jedi Jack Beauregard, légende vivante de l’ouest. Tout deux vont affronter la non moins légendaire Horde Sauvage, affrontement qui donnera à Jack la fin de carrière qu’il mérite. D’où cette scène finale devenue mythique d’un Jack dissimulé derrière une voie de chemin de fer et qui voit fondre sur lui cette Horde de dizaines de coyotes armés jusqu’aux dents et n’aimant rien de plus que de caresser la gâchette de leur revolver. Le film est à l’image de cette scène, un grand souffle épique et brave qui vous emporte au-delà des limites de l’oeuvre, des cow-boys qui ont une classe folle malgré des couches de poussière sur leurs manteaux, des idées nobles qui parcourent une histoire faite pour des scènes mémorables.

Le duo formé par Terrence Hill et Henry Fonda était risqué. Terrence Hill avait déjà tourné plusieurs Trinita et portait l’étiquette du trublion du genre, face à lui Henry Fonda restait l’image même de la droiture, du courage et de la noblesse. Pourtant ça marche, à merveille même, Terrence Hill ne pousse pas son personnage aussi loin que dans Trinita et limite les gifles. On retient cette réplique très drôle lorsque Jack lui demande pourquoi il l’attendait assis dans la rue et qu’il répond avoir horreur d’attendre debout. De son côte, Fonda évite l’écueil du héros psychorigide incapable d’humour. Il faut aussi admettre que la bande-originale de Morricone est presque un personnage à part entière, qui fonctionne presque comme un liant entre les deux. Elle sait adopter soit la légèreté de Personne, soit la gravité d’un Beauregard affrontant la Horde. On retient surtout que le thème principal a été repris pendant des années par une célèbre marque de café qui ne respecte rien.

On ne fera pas l’affront à Valerii de dire que son film est le travail de Leone, cela signifierait qu’en-dehors de lui, point de salut. Mais enfin, il faut bien admettre que ça sent quand même le travail du grand Sergio. Tout lui ressemble, les plans, le rythme, les mouvements et surtout, l’univers d’un western presque mythologique qui s’est forgé sur des hommes légendaires, sur des morceaux de bravoures si exagérés qu’on se croirait sur la Canebière. Mais on s’en moque après tout, ce film est un absolu bonheur, une magnifique réussite qui vient dédramatiser un peu un style de western qui en arrivait à se figer dans ses codes et en devenait presque solennel. Il en aura été des cow-boys comme des westerns, tous sont finalement entrés dans la légende, Sergio Leone comme Jesse James.
Jambalaya
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le 31 déc. 2013

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Jambalaya

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