le cinéma de Jacques Tati est un cinéma hors du temps.
Que ce soit les vacances de Monsieur Hulot, Jour de fête et donc Mon oncle, tout est détail.
Les dialogues sont souvent très secondaires, et représentent plus un fond d'ambiance, plutôt que la base principale.
Mon oncle est exactement cela, avec l'histoire toute simple d'une espèce de grand escogriffe, monsieur Hulot qui se balade, profite, rigole, et essaye de se fondre dans un environnement terriblement froid.
Mon oncle n'est pas une critique de la société moderne, c'est plutôt un état des lieu de celle ci vu par un homme bien de son époque, mais qui n'en oublie pas les plaisirs simples.
Que de scènes, que de personnages amusant ou pathétique.
Entre le beau frère, la sœur et les charmants voisins, monsieur Hulot n'est pas au bon endroit ni même dans la bonne époque.
Et pourtant, quand on le voit errer dans les marchés, discuter avec tout le monde, et se retrouver dans cette grande maison moderne on se dit que c'est bien lui le plus heureux.
Il est une sorte de témoin d'une époque avant et après.
Le summum étant quand même le déjeuner avec les amis et les voisins, ou le plus important est bien que le jet d'eau de l'horrible fontaine fonctionne, peut importe si tout le monde se retrouve à porter les tables et les chaises au milieu du jardin.
Et oui on l'allume pour faire genre, c'est du Tati que j'adore. Le petit détail qui fait sourire, le petit détail d'un homme, d'un créatif, d'un poète.
Acteur, réalisateur, Jacques Tati est à part, il n'est jamais rentré dans les normes, et son cinéma devrait être montré dans toutes les écoles, juste pour que l'on voit aussi, à travers son regard l'absurdité de notre monde moderne.
Tendresse, humour, sourire, et poésie tel peut être qualifié le cinéma de Tati.
Que ce soit dans la vie moderne, dans l'entreprise du beau frère,
Il faut voir ou revoir Mon oncle ?
Parce que dans notre monde avec toutes ces images virtuelles, fausses, violentes,
son cinéma est un cinéma qui demande au spectateur de regarder, oui tout simplement de regarder.
Car avec monsieur Hulot Le monde nous apparaît tellement en décalage avec notre vrais objectifs de vie.
Leçon de vie, même pas, leçon de cinéma, je ne pense pas.
Non juste on rigole et c'est agréable de le dire, aucune condescendance, car Jacques Tati et son cinéma ne l'étaient pas.
D'ailleurs il adore avoir une sorte de fil rouge, un personnage, ou une scène qui se reproduit.
Et le balayeur et son petit monticule de détritus qu'il ne nettoie jamais, ça c'est du Tati.
Enfin dernier point, avec une superbe bande son, et cette musique mémorable, inoubliable et devenu culte.
Pour conclure, Tati, c'est comme ce rayon de soleil qui fait chanter l'oiseau, ça fait du bien.