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Le grand Charles
Quel hommage.J'ai depuis 2 ans plus de 20 ans, et pourtant Charles Aznavour ne m'était avant que le film commence que très peu familier (j'ai d'ailleurs hâte de lire les avis de ses fans...
le 7 sept. 2024
Comme les USA et l’Angleterre, la France n'est pas en reste puisqu'elle a des artistes de grande envergure et, tout comme ces deux modèles, elle souhaite raconter leur histoire. Ces gens ont avant tout un destin unique et exceptionnel. Malheureusement, ces films ne présentent rien d'unique ni d'exceptionnel : ils sont pour la plupart des amas de clichés. La vision de Grand Corps Malade et de Mehdi Idir sur Aznavour est une succession de clichés sur le chanteur. On a droit à la difficulté qu’éprouve Aznavour à percer en tant que chanteur : son nez est un problème, tout comme sa voix cassée. Voit-on vraiment une différence entre son nez avant et après la rhinoplastie payée par Édith Piaf ? Il n'y a aucun changement, pourtant on évoque plusieurs fois ce pif proéminent. Si ce n'est pas une obsession pour le chanteur, cela semble être un frein à sa carrière.
Quand il va voir la patronne du cabaret où il chante pour qu’elle le laisse interpréter autre chose que des chansons amusantes, celle-ci lui fait une réflexion sur le fait qu’il ne pourra pas aborder le genre des chansons d'amour avec un tel physique. Voilà le genre de petites phrases totalement idiotes qu'on nous sert dans les biopics et qui veulent résonner dans le futur en disant : "Voyez comme ces gens n'avaient rien compris, ils ne voyaient pas le talent qu'ils avaient pourtant sous leur nez." En même temps, avec un nez pareil, il était difficile de voir autre chose. Dans les biopics, les scénaristes ne peuvent pas s'empêcher de faire ce genre de choses ultra lourdes.
Tout comme le reste, la reconstitution de la France est très propre : les rues semblent avoir été nettoyées le matin même par les services municipaux. Les décors sont bien trop propres, ce qui n’a rien de crédible. Pour ne rien arranger, les fonds sont saturés d'images de synthèse. Le rendu est hideux. Le visage de Tahar Rahim a également été retouché pour lui donner un air plus jeune. Son incarnation tient plus d'une imitation passable que d'une véritable incarnation du personnage. On ne voit pas un instant Aznavour, mais un acteur qui tente de le singer. Les autres comédiens sont dans le même cas : l'actrice qui joue Piaf ne fait qu'une pauvre caricature ; on aurait pu remettre Marion Cotillard à sa place elle aurait été encore pire. Mais tant qu'à être dans le mauvais gout autant y a aller à fond. Les chansons sont un mélange d'une voix et de la voix d'Aznavour, il en sort un son synthétique épouvantable.
Non seulement les acteurs n'arrivent pas à entrer dans les costumes de Trenet, Bécaud ou Hallyday, mais les réalisateurs veulent que ces personnages soient immédiatement identifiables : Trenet a forcément son chapeau placé à l’arrière de la tête ; Bécaud porte son costume et arbore son brushing. Mais que vient faire Johnny là-dedans ? Certes, Aznavour écrivait des chansons pour d'autres, voir Johnny n'a aucune utilité ici. Comme d'habitude, les biopics veulent passer en revue toute la vie des personnages dont ils parlent et finalement ils ne disent rien de personnel ni de différent des autres. Les réalisateurs ont oublié le passage des impôts, pourtant il aurait été super de le voir ouvrir sa boîte aux lettres et râler contre le fisc. Ce monsieur Aznavour n'apporte rien, et ne montre rien. Aznavour était bien plus vif d'esprit qu'une seule seconde de ce film.
Créée
le 27 oct. 2024
Modifiée
le 15 avr. 2025
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