Monsieur Verdoux, quinquagénaire affable et charmeur, assassine les femmes d'un "certain âge" qu'il vient d'épouser afin de capter leurs économies. Evidemment, c'est inspiré de l'affaire Landru. Rien de sordide dans la mise en scène de Chaplin qui élude les crimes et s'attache avec bonhommie à exposer les vies multiples et les incessants voyages d'un assassin bigame.
La comédie, à peine noire, n'est pas très drôle. Hormis une scène, à la fin du film, lors d'une nouvelle cérémonie de mariage, la comédie n'est pas de la filmographie burlesque de son auteur et ne repose pas véritablement sur un comique de situation qui soit mouvementé ou alimenté par des quiproquos. "Monsieur Verdoux" est une fantaisie un peu terne, comme on le mesure à travers des seconds rôles (et comédiens) quelconques et, même, à travers le propre personnage de Chaplin, qui manque tout autant d'un caractère comique que d'une personnalité étayée.
Ce n'est que tout au bout du film que Chaplin, de façon théorique d'ailleurs, explique la cupidité de Verdoux et relativise ses crimes en en dénonçant d'autres, les crimes d'Etat qui, ceux-là, restent impunis. Ce monsieur Verdoux est trop peu habité, trop peu complexe pour faire un personnage intéressant, voire polémique.