Monsieur Vincent dresse le portrait d’une superbe figure évangélique. Ce n’est pas une fiction, mais bien l’histoire d’un homme qui a consacré toute sa vie à venir en aide aux pauvres sans jamais les surplomber.
L’interprétation de Pierre Fresnay est remarquable de justesse. Il a totalement investi et intériorisé son personnage.
Si les paroles de ce film ont tant d’impact, c’est qu’elles ne sont pas inventées, il s’agit des paroles même de Vincent de Paul qui ont été recueillies. Et si elles font mouche, c’est parce qu’elles proviennent d’un homme authentique, dont la parole et les pensées ne faisaient qu’un, d’un homme qui ne trichait ni avec lui-même, ni avec les autres. Adulé, recherché par les grands, il a su rester libre, garder le cap jusqu’au bout de sa vie et leur tenir tête chaque fois que cela a été nécessaire pour les pauvres. Homme de tête, d’organisation, leader, il était sur tous les fronts, il a mobilisé des aides de tous côtés, et d’abord du côté des gens simples et pauvres.
Monsieur Vincent est rempli des paroles de bon sens et d’amour de Vincent de Paul. Je retiens l’une de ses phrases les plus célèbres, lorsqu’à la fin de sa vie dans un entretien avec la reine il dit n’avoir pas fait assez pour les pauvres. Celle-ci lui répond désabusée : « Que faut-il faire alors dans une vie, monsieur, pour faire quelque chose ? » Et la réponse fuse, simple, limpide, directe : « Davantage … ».