J'ai dû m'y reprendre à deux fois pour m'assurer que je n'avais pas la berlue. Oui, Paul W. S. Anderson s'est décrit comme un aficionado du jeu vidéo Monster Hunter. Pourquoi jouer l'étonné, le sieur est censé être un amoureux du cinéma. Dans les deux cas, sa carrière elle-même indique l'exact inverse. Presque 30 ans de carrière, dont la seule réussite (Event Horizon) constitue également la seule faute de goût dans ce fatras de daubes, composé quasi-intégralement d'adaptations foireuses. Parmi celles-ci, on dénote une appétence pour les transpositions vidéoludiques, un bastion que W.S. Anderson partage avec le très fâcheux Uwe Boll (heureusement à la retraite). Après avoir donc souillé Mortal Kombat et Resident Evil, c'est au tour d'une autre licence de se faire dégrader.
Au fil de ses méfaits, le cinéaste poursuit une quête de déconstruction dont Monster Hunter représente l'acmé. Il ne se contentera pas ici d'un script d'une misère effrayante, il faudra que la mise en forme soit aussi pitoyable jusqu'à atteindre l'obscène. Aucune hiérarchie dans la construction scénique, des valeurs de plans qui changent sans arrêt et une absence de cohésion sur l'ensemble du long-métrage. Je parle aussi bien des séquences d'action que des instants dits d'exposition, dont le crescendo dans la laideur relève de la pure maltraitance. Quand bien même on aborde l'objet comme un plaisir coupable, nul besoin de pousser le vice jusqu'à accepter de se faire crever les yeux pendant 95 minutes. À la rigueur, en les gardant fermés on peut imaginer que le film est regardable qui sait ? Dans le cas contraire, n'espérez pas vous amuser à voir Milla Jovovich, Tony Jaa ou Ron Perlman s'empêtrer dans ce calvaire. Ni de la bande-son douloureuse ou des effets visuels approximatifs. Fort heureusement, tout cela est resté confiné à un visionnage à domicile, les salles ne méritaient vraiment pas ça.