Une première partie enthousiasmante, mais une seconde partie ennuyeuse

Je suis d’emblée emballé par la photographie de Henri Barreyre, Maurice Hennebains, Gustavo Kottula et Julien Ringel, la mise en scène très dynamique de Henri Fescourt et le montage (en parallèle, flashback, etc.) de Jean-Louis Bouquet, mais pas du tout convaincu de l’intérêt de la musique extradiégétique ajoutée en 2005.

Bon, c’est parti pour quatre heures de spectacle !


J’apprécie le détail sur Gérard de Villefort, le procureur qui condamna Dantès sans procès pour protéger sa carrière en détruisant la preuve... contre son propre père [27’52].

Sur l’abbé Faria, on apprend plein de choses intéressantes [46’48]. Par contre, on ne sait rien de son rôle d’éducateur de Dantès notamment des leçons de Machiavel, cet autre trésor, qui lui servit pour assouvir sa vengeance. Le stratagème de son évasion est digne du maître italien [1h06].

Je trouve intéressante l’insertion d’intertitres qui reprennent de très courts extraits du roman [1h09].

On oublie souvent que, avant de se venger, Edmond Dantès a sauvé Pierre Morel, l’amateur du Pharaon, de la ruine. Cet épisode est raconté en deux parties avec un intermède, dont Alexandre Dumas usait en bon feuilletoniste. Naturellement, Morel est sauvé au dernier moment et selon un procédé romanesque pour entretenir le suspense que la mise en scène transpose parfaitement par un montage alterné avec des plans de l’horloge.

Cette première partie, qui boucle sur des images du Pharaon, se termine par l’avertissement d’Edmond Dantès : “L’heure est venue de songer à la vengeance !”.


Je n’accroche pas à la partie que j’avais préférée dans le roman. Le rêve oriental d’Albert de Morcerf est typique de cette époque qui à la fois colonisait et fantasmait ces régions.

J’avais totalement oublié Haydée, le fille d’Ali pacha, qui passe de l’esclavage à la soumission pour son sauveur.

Pour se venger du comte de Morcerf, Edmond Dantès utilise la presse détenue par Havas (l’AFP aujourd’hui) dont la puissance fut dénoncée par Honoré de Balzac en 1840 [22’45].

On dit que "la vengeance est un plat qui se mange froid", mais je déteste ce type de cuisine au temps de la restauration de la monarchie.

La mise en scène s’embourbe dans la représentation des réceptions princières avec ses décors et ses costumes. Tous ces fastes et l’accumulation des intertitres m’ennuient.

Je conseille la version restaurée en 2006 avec le concours de GosFilmoFond de Russie.


Bibliographie :

- L’île-prison : insularité, enfermement et pouvoir dans Le comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas (1844), Criminocorpus, 2014.

- Le temps dans Monte-Cristo, Audible, 2024.

- Ali pacha (1741-1822), Herodote

- Honoré de BALZAC, Chronique de la presse in Revue parisienne, 25 août 1840 [BNF].

- GosFilmoFond, Site (traduction automatique).

- Défense de la culture russe, Monde en Question, 2022.

Serge-mx
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le 2 févr. 2025

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Serge LEFORT

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