Il est de bon ton de snober Emmerich, c'est pas nouveau mais pas forcément fondé: oui il ne s'agit pas d'un cinéma hautement intellectuel mais c'est assumé, ça ne prétend pas être autre chose et puis les autres productions ne font pas forcément mieux en proposant des oeuvres aussi vaines sur le fond mais largement plus prétentieuses.
Il reste tout de même que Emmerich écrit ses films de façon très mécanique et stéréotypée et le rythme et l'implication peuvent en pâtir: on a juste envie de zapper les séquences mélo-dramatiques sur terre pour ne se concentrer que sur l'aventure spatiale, on a juste envie de sourire avec condescendance devant cette énième famille recomposée qui croule sous l'amour paternel et ce fiston qui réalise que merde papa est sympa qd même je l'aime.
Qui plus est ces séquences sont un peu hors-sujet sous prétexte d'en rajouter une couche dans la tension et l'aventure: des histoires de bandits traquant les zentils pour leur piquer leurs ressources, ça fait pâle figure face à l'ambition du récit principal qui, de fait, ne se verra pas attribuer le temps nécessaire pour installer un sentiment de mystère et l'enraciner dans un dévoilement progressif.
Cinéma du trouble? Apparemment ça n'intéresse pas Emmerich, c'est pas nouveau, oui.
Mais c'est dommage car toute loufoque qu'elle puisse paraître à base de théorie du complot farfelue, cette histoire ne manque pas de potentiel onirico-symbolique et on aurait pu fantasmer sur une redécouverte de la Lune nous rappelant l'atmosphère lugubre de L 426. Mais non, la découverte des lieux produit certes son petit effet -ça a de la gueule quand même- mais son mystère sera de courte durée, annihilé dans un moment nous rappelant la rencontre d'Abyss mais en beaucoup beaucoup plus bavard et didactique histoire que tout soit très très clair pour le spectateur (nous expliquant à la va vite un pourquoi du comment là encore tout autant dispensable, du moins dans son insistance à vouloir tout rendre parfaitement clair) et surtout conclu par une course poursuite à la Star Wars... bordel...
Bref, une idée intéressante mais racontée à la Emmerich: sans la moindre subtilité.
Et les séquences de destructions terrestres ne sont pas aussi spectaculaire que ce à quoi le réal nous a habitué et... bon, tout ça sent bon le cinéma de sf feel good des années 90, c'est pas bien réaliste et on a surtout l'impression d'évoluer dans une bande annonce se voulant la plus cool possible.
Mais on ne peut pas reprocher au film d'être ennuyeux ni de ne pas arriver à intriguer un peu, et la découverte de la base lunaire est un chouette moment graphique au gigantisme digne d'un rêve/cauchemar, donc 6, le film fait son job de divertissement, rien de plus, mais on sait quoi s'attendre avec Roland Emmerich, non?