Morse, c'est une histoire de vampires pas comme les autres.

On y retrouve certains clichés inhérents à toute histoire à propos des semi-morts aux longues canines, comme par exemple une histoire d'amour impossible entre un humain et un vampire, mais le tout est ici fort originalement mis en scène, et impressionnant de part l'ambiance et le propos sous-jacent.

Le récit se déroule dans la banlieue de Stockholm.
Le paysage enneigé coïncide par ailleurs parfaitement avec l'environnement urbain grisâtre et le ton glacial du scénario.

Oskar, un enfant de 12 ans, persécuté par les autres enfants de son âge, vivant dans une famille décomposée, rêve secrètement de meurtre et de vengeance envers les enfants qui le martyrisent quotidiennement.

Il rencontre Eli, une petite fille solitaire, avec qui il noue une étrange amitié.

Dans ce décor aseptisé, peinture de la société européenne actuelle, ce qui choque le plus n'est pas l'ultra-violence des enfants entre eux, qui va jusqu'au meurtre dans le film, non plus le détachement inhumain de Eli vis à vis des humains qu'elle égorge et dont elle se nourrit, mais plutôt l'indifférence des adultes vis à vis des souffrances des enfants, l'isolement mental de ces derniers, l'incompréhension, le manque d'écoute dans les familles modernes.

Eli et Oskar, que l'on viendrait à considérer comme des monstres au début du film (Au sens figuré pour Oskar et au sens propre pour Eli) deviennent pour le spectateur, finalement, bien moins horribles que leur entourage.
Les autres enfants et adultes, pourtant tout à fait normaux, vont se révéler être les véritables monstres de l'histoire, odieux, déshumanisés et vides d'émotion.

Le tout se présente comme une fable allégorique, un film à cerner à deux niveaux simultanément.
Il critique les comportements des européens modernes, individualistes et pragmatiques, ne laissant plus aucune place aux sentiments, à l'empathie ou au respect de la différence... tout en proposant une histoire fantastique cohérente qui permet la mise en lumière de la thèse précédente de manière intelligente.
Horst_Tappert
9
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Créée

le 16 oct. 2010

Critique lue 464 fois

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