Certains diront : « C’est un film américain… un film Netflix, quelle horreur ! » Et pourtant… Le seul moment où l’intervention militaire américaine est évoquée, et encore, indirectement,vise à critiquer leurs actions. Nous sommes projetés, de manière brutale, au cœur de la bataille de Mossoul, quelques années après la prise de pouvoir par l’État islamique. Les djihadistes, rarement montrés en gros plan, seulement entre aperçus lors des scènes de combat, résonnent à travers leurs provocations radiophoniques : « Nous avons pris vos femmes, vos enfants, vos maisons ; confortables », cherchant à éveiller la haine pour identifier leurs opposants.
L’intérêt du film, au-delà de son impressionnante documentation, réside dans le parcours d’un jeune policier de 21 ans. Rescapé in extremis d’une attaque djihadiste, il intègre une brigade réduite, formée des hommes survivants du SWAT décimé. Ils ont une mission, dévoilée seulement à la fin du film, qu’ils veulent accomplir à tout prix. Jusqu’à cette révélation, ce jeune homme, élevé dans la bienséance et peu préparé aux horreurs, se transforme : il durcit son regard, jusque-là neutre, et devient un tueur impitoyable, en quête d’une mission dont il ignore tout, sauf qu’elle est devenue sa raison de vivre.
Des scènes terribles, très bien filmées, s’enchaînent vec un rythme soutenu : on le voit tirer sur un djihadiste alors que ce dernier se rend ou encore égorger un traître à terre... Le spectateur comprend que les notions de « Bien » et de « Mal » s’effacent en temps de guerre. On ne juge pas de la même façon, depuis son canapé, protégé par la démocratie, que quand sa survie et celles des siens est en jeu.
Face à la folie islamiste, qui abat des civils, des enfants, enlève des femmes pour les garder dans les maisons prises aux civils qu'ils ont massacrés et leur faire des enfants, s’abrite lâchement au milieu de la population, on peut croire en l’homme et en sa résilience mais on comprend aussi que tous les moyens doivent être employés pour éradiquer ceux qui ont abdiqué toute humanité, surtout quand ils cherchent à instrumentaliser l’opinion mondiale pour propager leur haine.
Un film à voir, précisément en ce moment...