Mother's Instinct, remake américain (donc trait pour trait) de "Duelles" n'a pas grand chose d'autre à offrir sur le papier que ce qu'il promet dans son pitch et son affiche.
Drame nimbé d'une aura mystérieuse avec ses deux séduisantes "têtes de gondole", déguisées en femmes au foyer des années 1960, cet "instinct maternel" entre sans surprise de ce qu'il est désormais convenu d'appeler les films de "HousewifeXploitation", souvent ancrés dans les banlieues huppées américaines , dans lesquels d'opulents et méprisants époux laissent leurs femmes se débattre dans un quotidien cossu certes, mais également morne et sans perspective.
L'épanouissement impossible hors du foyer, le sentiment de culpabilité sous-jacent ressenti par les deux mères-épouses, lorsqu'elles songent à l'enfermement éprouvé, sont ici palpables et tout à fait bien interprétés par deux actrices au teint pâle, au regard éteint. Mais Mother's Instinct s'appuie sur des thématiques maintes fois traitées et la reconstitution élégante mais trop commune des intérieurs ordonnés, des relations sociales convenues de cette époque n’est pas de nature à surprendre.
Cependant, la dramaturgie qui se noue ensuite,
la perte d'un enfant
le terrible sentiment de culpabilité d'une mère et le bouleversement complet des rapports entre les deux familles va peu à peu sortir le récit de sa banalité, pour transfigurer (un peu) l'ordinaire en un propos plus trouble.
Les changements soudains de comportement de Céline mère inconsolable, et par conséquent d'Alice devenue suspicieuse à l'encontre de son amie, confèrent un cadre plus anxiogène, plus obsessionnel et plus profond au propos.
Pourtant et même si le dénouement amène un peu de surprise et de rythme dans un métrage parfois soporifique, ce remake n'était probablement pas indispensable. Le réalisateur de l’original , Olivier Masset-Depasse, qui avait commencé à mettre en boîte celui-ci a d'ailleurs abandonné le projet (pour raisons familiales dit-il), son remplaçant, Benoît Delhomme technicien aguerri (chef Op notamment sur "L'odeur de la papaye verte" ou "Des hommes sans loi") signant ici un premier long métrage timide, trop respectueux des conventions imposées par le genre.