Film qui accumule toutes les tares du polar à la française : dialogues téléphonés et grandiloquents de flic-torturé-que-personne-ne-comprend, poncifs du film noir usés jusqu'à la corde, outrance complaisante dans le glauquissime (lavabos crasseux, perversions sexuelles, instincts psychopathes, autodestruction, alcool, coucheries, corruption et autres délires paranoïaques). Au final, quand on cherche la vision qui émerge derrière tous ces codes, on ne trouve qu'un glamour complètement cul-cul, digne de la bibliothèque verte, et une analyse sociale proche du néant. Très classe-moyenne (dans le mauvais sens du terme).
Exemple de poncif : le flic et son meilleur-pote-et-collègue vont alpaguer un suspect sans ordre mission. Bien entendu le suspect est le vrai coupable, et le héros est immobilisé par une balle dans la patte (si je me souviens bien). Le collègue part donc seul à la poursuite du suspect, dans une scène de course-poursuite effrénée à travers le jardin d'un château (ben oui, on est en France). D'après vous, quelles sont ses chances de survie ? ^^
Dommage pour Daniel Auteuil, dont l'interprétation en flic alcoolique est tout à fait crédible. Mais le scénario complètement plat l'empêche de décoller, surtout avec l'horripilant personnage de gamine-qui-ne-veut-pas-pardonner-au-meurtrier-de-ses-parents qu'on lui a collé dans les pattes.
Bref, avec ça et "Les petits mouchoirs", on s'approche du pire du cinéma français. Et comme le fait remarquer un autre internaute, bien que le film soit censé se passer à Marseille, la plupart des acteurs ont plutôt une touche de parigot (et c'est un ancien parisien qui parle).
Dire qu'avant, le polar français, c'était Clouzot ou Melville...