— Gavin ! Mon vieux ! Assieds-toi, faut qu’on cause. Mr Wolff 2, vraiment ? T’es sûr de toi ? Je veux dire… c’est bien toi qui as fait Warrior, non ? Ce petit miracle de cinéma où chaque uppercut avait plus d’émotion que mille discours d’Oscars. Alors pourquoi tu continues à nous servir des thrillers tièdes, avec Ben Affleck en mode « je fronce les sourcils donc je ressens » ?
Je t’avoue, j’y croyais. L’idée d’un comptable autiste expert en arts martiaux qui nettoie les bilans et les mafieux, c’est complètement pété, donc potentiellement génial. Le premier opus avait son charme, sa singularité, sa part de mystère. Mais là ? Mr Wolff 2, c’est comme si tu avais laissé le scénario entre les mains d’un stagiaire sous Lexomil. On piétine, on radote, et à aucun moment je n’ai senti ce souffle que tu avais su si bien insuffler dans Warrior.
— T’as perdu la foi, Gavin ? Le feu sacré ? Ou t’as juste trouvé que ça payait mieux de faire des suites bancales ?
La mise en scène est propre, certes, mais propre comme une salle d’attente. Où sont passés les frissons ? Où est la sueur ? Et Affleck, mon Dieu… Il semble aussi impliqué qu’un GPS qui bugge. Même les scènes d’action, pourtant ta spécialité, sentent la chorégraphie d’école du dimanche.
Allez Gavin, je t’en veux pas. Mais franchement, rappelle Joel Edgerton, sors les gants de boxe et fais-nous rêver à nouveau. Parce que là, ton Mr Wolff est surtout comptable en émotions.