Mutafukaz, c'est d'abord une bande dessinée écrite et dessinée par RUN et publiée par le Label 619, une branche des studios Ankama. C'est un mélange culture west coast, de science-fiction, de lucha libre, de références bibliques, le tout saupoudré d'une affection de l'auteur pour les théories du complot. L'action se situant dans un ghetto californien fantasmé par un français, on comprend aisément pourquoi il a fallu 8 ans pour que la collaboration avec le studio japonais 4C°.
Des fans, Mutafukaz le film était attendu comme le messie. Car posons également cette base : le tout n'est qu'un énorme délire savamment orchestré. Le long-métrage s'assurait déjà l'adhésion d'un noyau dur de lecteurs qui recommandent la série à tout ce qui a plus de 15 ans et consomme de la bande dessinée. Seulement voilà, ces jeunes gens ont beau être passionnés, ils ne représentent une minorité qui a eu la chance de tenir entre ses mains ce melting-pot d'hommages et de gros trips.
Il est certain que le film ne fera pas l'unanimité, une triste réalité qui semblait avoir rattrapé tant RUN que les fans une fois la projection achevée. Car l'un des plus grands défauts du film étant que son public mise plus sur une culture audiovisuelle dans des catalogues tels que Netflix que sur une place de cinéma qui vaut presqu'un mois d'abonnement. D'autant que l'animation en France est encore trop ancrée comme un produit familial.
Sur le long-métrage en lui-même, les fans auront la joie de replonger dans un West Coast alternatif tout en se devant de rester bienveillant avec un auteur qui aura manqué cruellement de soutien. Ôté de ses problématiques les plus sérieuses, Mutafukaz le film ne fait pas dans l'excellence mais parvient à faire le boulot. Les autres eux, apprécieront le film comme un divertissement sympathique et un peu foufou.