Oui, le pays du sourire a accouché d'un film plutôt réussi même si, à plusieurs moments, j'ai ressenti une certaine gêne : c'était un peu comme un mix improbable entre la franchise maudite "Twilight" (devinez qui est le loup-garou ou le vampire, la dinde farcie étant automatiquement disqualifiée), un zeste d'"Une balle dans la tête" et les films de baston HK du dessus du panier.
La première partie est à mon avis très correcte car elle pose les bases un peu glauques de trafics liés au sang humain (tiens, tiens) pour finir par atterrir dans une sorte de repaire de gentils supposément adeptes de la défense de leurs prochains. On verra quand même plus tard que cette serviabilité est finalement assez intéressée. C'est au cours de cette heure qu'une relation fraternelle et un amour vont se construire entre les trois jeunes protagonistes. L'évolution des personnages et leur caractérisation n'étant pas faite à la truelle, ça nous les rend donc forcément sympathiques (surtout que l'ancienne gamine est devenue une vraie bombe), même si la musique est un peu trop signifiante à mon goût.
Mais comme l'amour rend aveugle, le passé va tragiquement resurgir pour le groupe. C'est à ce moment qu'une grosse scène d'action intervient et j'admets qu'elle est plutôt bien gaulée. Comme pour les suivantes, les gunfight n'atteindront jamais le niveau de "A toute épreuve" ni même les bastons celui de "The raid". Mais il faut reconnaître qu'elles sont très fluides, que la narration et les enjeux restent parfaitement clairs.
L'inévitable ventre mou commence ensuite à tendre la ceinture du futal, mais une nouvelle séance à forts enjeux et d'une efficacité qui fait plaisir à voir arrive assez vite, sans que nos héros n'aient trop le temps de s'épancher ou larmoyer ni le spectateur celui de s'ennuyer.
Aussi réussie que la précédente, elle nous mène malheureusement vers une fin à rallonges pleurnicharde dont le cinoche asiatique a le secret et dont il abuse sans vergogne pour faire chialer la ménagère, la midinette ou le chasseur alcoolo mais sensible vautré dans son divan après une énième murge.
Par conséquent, malgré quelques scories cet actioner mâtiné de romance reste cependant plutôt fréquentable et les inévitables 2 heures se laissent voir sans regards insistants vers la montre, souffles de frustration répétés ou appuis énervés sur l'avance rapide.