I've been controlled by Mother...
Marco Mak a prouvé au fil des années qu’il était doué en montage, mais en revanche un réalisateur assez médiocre. Le voilà avec son Naked Soldier, projet bien supérieur à tout ce qu’il a pu faire avant, fort d’un casting réunissant quelques grands noms, dont Sammo Hung, Andy On et Anthony Wong.
Dès les premières minutes nous savons à quoi nous allons avoir à faire, la photographie est pauvre est fait très téléfilm. En revanche le gore nous estomaque de façon assez inattendue. Une famille en train de fêter Noël se fait massacrer sous nos yeux, pas très fin, mais un minimum « amusant » pour celui qui aime ce genre de démonstrations de violence. En revanche la suite est bien moins intéressante, l’inspecteur Long, qui a donc perdu tous ses proches, en plus de sa fille qui s’est faite kidnappée et lavée le cerveau par les criminels, n’a rien du Punisher qu’il aurait pu être. Il a continué son taf, il a adopté une fillette qui est maintenant une jeune femme très garçonne, il est souriant, bref tout va bien pour lui. Evidemment le passé refait surface avec la ligue d’assassins et sa fille disparue qui est chargée de le tuer, et le pathos fait odieusement pitié, tellement c’est prévisible et mis en scène de façon exécrable.
Oh tout n’est pas à jeter, car Sammo Hung a toujours la pêche, le casting féminin assure au niveau arts martiaux, et puis le montage des combats est suffisamment dynamique pour plaire aux accrocs du genre, mais la bobine est franchement handicapée par un scénario totalement ridicule signé Jing Wong, scénariste habitué de Marco Mak.
Tout suit une linéarité exaspérante, rappelant d’ailleurs le début de Dead or Alive, enchaînant les scènes où chacune des tueuses élimine l’une de ses cibles. On regrettera aussi des choix qui font horriblement tâche, comme l’utilisation de CGI pour tous les éclats de verre du film, ils auraient été réussis, ok, mais là non, les plans risibles s’enchaînent et l’on a du mal à comprendre pourquoi les bonnes vielles techniques ne sont pas utilisées plutôt que ces horreurs.
Naked Soldier n’est donc pas vraiment un film, c’est juste un téléfilm disposant de suffisamment de gore, de scènes de Kung Fu et d’humour pour faire passer le temps. On a même certains passages qui étonnent par moment, comme le match de basket de la jeune adoptée, dans l’esprit de Shaolin Soccer, puis un repas mouvementé entre celle-ci et son père adoptif, où ils se livrent une bataille lors d’un repas à coups de baguettes chinoises, puis un Anthony Wong totalement hilarant, mais hélas tout cela fait un peu maigrelet pour porter l’essai au delà du simple plaisir coupable…